Mique périgourdine tranchée sur un plat, autour du petit salé, chou, carottes et navets d'une potée, bouillon fumant

Plat mijoté

La mique périgourdine et son petit salé, la potée du Périgord

Une grosse boule de pain levé, pochée dans le bouillon d'une potée de petit salé et de légumes d'hiver : la mique est le pain-repas du Périgord, tranché épais et arrosé de bouillon.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 2 h 30
  • Repos : 2 h (levée de la mique)
  • Économique
  • 6 personnes
  • Intermédiaire
  • Hiver

Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • grande marmite (assez large pour pocher la mique entière)
  • saladier (pour la pâte à mique)
  • torchon (propre, pour couvrir la levée)
  • écumoire (pour retourner la mique)
  • ficelle de cuisine (pour trancher la mique sans l'écraser)
  • couteau (de chef)

L'astuce du chef

La mique est un pain levé, pas une quenelle : elle demande une vraie levée d'1 à 2 heures avant d'être pochée. Deux règles pour qu'elle reste moelleuse. Elle se poche dans le bouillon frémissant, jamais bouillant — un gros bouillon la ferait éclater —, et sans la surcharger : la mique double de volume dans la marmite, il lui faut de la place. On la retourne à mi-cuisson pour qu'elle gonfle régulièrement, et on la tranche à la ficelle (comme le foie gras) pour ne pas l'écraser au couteau.

Préparation pas à pas

  1. Dessaler le petit salé 2 h

    Faites tremper le petit salé 2 heures à l'eau froide, en changeant l'eau une fois, pour retirer l'excès de sel.

  2. Pétrir la mique 15 min

    Délayez la levure dans le lait tiède. Mélangez farine, œufs, graisse de canard fondue tiède, sel léger et la levure. Travaillez en une pâte souple et homogène, puis façonnez une grosse boule.

  3. Laisser lever 1 h 30

    Couvrez d'un torchon et laissez lever 1 h 30 à 2 h à température ambiante : la boule doit gonfler et s'assouplir.

  4. Lancer la potée 1 h 30

    Couvrez le petit salé égoutté d'eau froide, portez au frémissement, écumez. Ajoutez oignon clouté, carottes, navets, poireaux et bouquet garni. Laissez frémir 1 h 30.

  5. Pocher la mique 45 min

    Ajoutez le chou 30 minutes avant la fin, puis déposez la mique dans le bouillon frémissant. Pochez-la 30 à 40 minutes en la retournant à mi-cuisson : elle gonfle et devient moelleuse à cœur.

  6. Servir 10 min

    Sortez la mique, tranchez-la à la ficelle en tranches épaisses. Dressez viande et légumes autour, tranches de mique arrosées de bouillon. Une pointe de moutarde à côté.

Le conseil du caviste

Une potée rustique et salée demande un rouge simple, franc et fruité, servi un rien frais (15-16 °C) : le bouillon chaud durcit les tanins. Le Bergerac rouge Les Œnopotes du Château Haut-Bernasse est parfait, tout en fruit. Le Château de Parenchère, bordeaux souple, fait aussi merveille sur le petit salé. Pour un repas plus habillé, le Castillon du Château Beynat apporte un cran de structure sans écraser la mique.

Les bouteilles de la cave

Dépannage

La mique s'est défaite dans le bouillon

Bouillon trop fort ou levée insuffisante : pochez à frémissement doux, jamais à gros bouillons, et laissez bien lever la pâte avant (1 h 30 minimum).

La mique est dense et compacte

Levée écourtée ou pâte trop travaillée : respectez les 1 h 30 de pousse et façonnez sans trop pétrir une fois la pâte homogène.

C'est trop salé

Le petit salé n'a pas été assez dessalé : 2 heures de trempage, eau changée. Ne salez ni la mique ni le bouillon avant d'avoir goûté.

La mique n'a pas gonflé à la cuisson

Levure tuée par un lait trop chaud (tiède, 25 °C max) ou marmite trop petite : la mique double de volume, laissez-lui de la place.

Les légumes sont en bouillie

Ils sont entrés trop tôt : carottes et navets 45 minutes, chou 30 minutes, c'est suffisant. La mique, elle, entre en dernier.

Conservation & préparation anticipée

La potée se garde 3 jours au réfrigérateur et se réchauffe dans son bouillon. La mique, elle, se déguste le jour même : réchauffez les tranches restantes poêlées à la graisse de canard, dorées comme du pain perdu salé — c'est le meilleur du lendemain. Le bouillon se congèle et fait une excellente base de soupe.

Variantes

Mique au maïs

La version la plus ancienne, à la farine de maïs (le « milhas » gascon) : plus dense, plus jaune, sans levée. Un autre plat, tout aussi périgourdin.

Mique sucrée du lendemain

Les tranches restantes poêlées au beurre et saupoudrées de sucre : un goûter d'enfant du Périgord.

Au confit

Remplacez une partie du petit salé par des cuisses de confit de canard réchauffées dans le bouillon en fin : plus riche, plus festif.

Petites miques

En boules individuelles de la taille d'un œuf, pochées 15 minutes : plus faciles à réussir et à servir.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une mique ?

Une grosse boule de pain levé, pochée dans un bouillon de potée. C'est le pain-repas du Périgord, qui remplaçait le pain à table et se gorgeait du bouillon du petit salé.

Mique à la farine ou au maïs ?

Les deux existent. La mique levée à la farine de blé (celle de cette recette) est moelleuse comme une brioche salée ; la mique au maïs, plus ancienne et plus dense, ne lève pas.

Pourquoi trancher à la ficelle ?

Comme le foie gras, la mique moelleuse s'écraserait sous un couteau. Une ficelle glissée dessous et croisée donne des tranches nettes.

Peut-on la préparer à l'avance ?

La potée oui, elle est meilleure réchauffée. La mique se poche au dernier moment : c'est fragile et ça ne se réchauffe pas entier — mais les tranches restantes se poêlent très bien.

Avec quoi la servir ?

Avec la viande et les légumes de la potée, arrosés de bouillon, et une pointe de moutarde. C'est un plat complet, réconfortant et paysan.

Dans le Périgord d'autrefois, quand le pain manquait, on en faisait une : la mique, une grosse boule de pâte levée pochée dans le bouillon d'une potée de petit salé. Elle se gorge de bouillon, se tranche à la ficelle et nourrit son homme. La recette exacte est ci-dessus ; voici l'histoire, les gestes du pochage et les accords du caviste.

Histoire : le pain qu'on faisait cuire dans la soupe

La mique est un plat de nécessité devenu plat de cœur. Quand la fournée de pain était loin, ou pour étirer un morceau de petit salé, les fermes périgourdines pochaient une boule de pâte directement dans le bouillon de la potée. Le mot vient de l'occitan mica, la miette, la mie. Il en existe deux écoles : la mique blanche levée à la farine de blé, moelleuse comme une brioche salée, et la mique jaune au maïs, plus ancienne et plus rustique, cousine du milhas gascon. C'est un plat d'hiver, de cochon et de partage, qu'on retrouve dans tout le Périgord et le Quercy.

Quel vin servir avec la mique et son petit salé ?

Un plat rustique et salé demande un rouge franc et fruité, servi un rien frais (15-16 °C) — le bouillon brûlant durcit les tanins massifs. Le Bergerac rouge Les Œnopotes du Château Haut-Bernasse est l'accord juste, tout en fruit (notre guide des vins de Bergerac détaille ces rouges de soif). Le Château de Parenchère apporte la souplesse bordelaise, et le Castillon du Château Beynat un cran de structure. Tous nos vins rouges sont en ligne.

Pour continuer

Restez dans le Périgord d'hiver avec l'enchaud périgourdin, le tourin à l'ail — la soupe qui ouvre souvent le même repas — et la garbure gasconne, sa cousine à l'oie. Conseils d'accord en boutique à Sainte-Foy-la-Grande et Creysse. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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