Le Flirtini doit sa notoriété à la télévision : il apparaît dans Sex and the City à la fin des années 1990 et devient d'un coup le verre qu'on commande pour ce qu'il représente. Sa formule s'est fixée dans la foulée autour de trois éléments — vodka, ananas, vin pétillant — certaines versions ajoutant un triple sec.
Une origine de série télévisée n'est pas une tare, mais elle explique pourquoi il est si souvent mal servi : on le commande pour l'image, on le prépare à la va-vite avec un jus d'ananas de brique et un pétillant quelconque, et il en sort un verre sucré et mou. Bien fait, c'est un cocktail court, mousseux et tendu, qui n'a rien de honteux.
Son intérêt technique tient en une particularité : l'ananas mousse tout seul. Ses protéines et ses saponines naturelles créent au shaker un col blanc dense et stable, celui qu'on obtient ailleurs avec un blanc d'œuf. C'est l'un des rares fruits à le faire, et ça se voit dans le verre.
C'est un cocktail de début de soirée, servi court en coupe, avant que la table ne soit dressée. Il fonctionne aussi bien en décembre qu'en juillet — l'ananas est un fruit d'hiver dans nos étals — et il a l'avantage de plaire à des invités qui ne boivent pas d'alcools bruts.








