Dans les pays nordiques, le glögg n'est pas seulement une recette : c'est un concentré qu'on achète ou qu'on fabrique, l'extrait, et qu'on garde en bouteille toute la saison. Le principe est le même que celui d'un sirop de barman : on sépare l'extraction des épices du service de la boisson.
Ce découpage règle deux problèmes d'un coup. Les épices ne séjournent jamais dans le vin, donc le girofle n'a pas le temps de tourner à l'amertume ; et chacun dose sa propre sucrosité, ce qu'un pot commun ne permet jamais.
Sur l'assaisonnement, la différence avec un vin chaud français est nette. La cardamome verte tient le premier rôle, le gingembre frais donne le mordant, et la cannelle passe au second plan. Le résultat est plus tendu, moins confit, et se boit à plus petites doses — les tasses nordiques sont volontairement petites.








