Bocal de gelée de mûres translucide, rouge grenat, cuillère à plat, tartine de pain de campagne beurrée nappée de gelée, quelques mûres fraîches, tasse de thé noir, table en bois

Dessert

Gelée de mûres : la recette maison

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 4 h
  • Faible
  • 4 pots de 250 g
  • Facile
  • Automne
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Ingrédients

4 pots de 250 g

Ustensiles

  • UN LINGE FIN, ÉTAMINE OU TORCHON PROPRE (L'OUTIL DU PLAT : le jus s'égoutte à travers, seul, sans être pressé)
  • une bassine à confiture ou une casserole large (l'évaporation rapide, la prise en dix minutes)
  • un pilon ou une cuillère en bois (les fruits écrasés à mi-cuisson)
  • une assiette au congélateur (le test de la prise, plus sûr que le thermomètre)
  • une écumoire (l'écume ôtée, la gelée reste claire)
  • un entonnoir à confiture (les pots remplis sans couler sur les bords)

L'astuce du chef

Un tiers de rouges. La mûre bien mûre est pauvre en pectine et en acide ; la mûre rouge, pas encore mûre, en est riche. Le mélange prend seul, sans pectine ajoutée.

Loin des routes. La ronce du bord de route est couverte de poussière et de gaz d'échappement ; celle du chemin creux ne l'est pas.

Rincées vite. Une mûre trempée boit l'eau et perd son jus ; un passage rapide sous l'eau froide, et égouttées.

Dix minutes, pas plus. Le fruit rend son jus en dix minutes ; plus longtemps, le parfum s'en va avec la vapeur.

Jamais pressé. Le linge pressé laisse passer la pulpe et les pépins fins : le jus est trouble, et la gelée reste trouble. Une nuit de patience donne une gelée qu'on voit à travers.

Le sucre pesé sur le jus. Poids pour poids : c'est la proportion qui fait prendre et qui conserve. Moins de sucre, la gelée ne prend pas et moisit.

Le citron. Son acide est nécessaire à la pectine pour gélifier ; sans lui, la mûre bien mûre ne prend pas.

À feu vif, sans couvrir. La gelée prend par évaporation : à petit feu, elle cuit une heure et brunit ; à gros bouillons, dix minutes suffisent et la couleur reste vive.

L'écume. Ce sont les impuretés remontées à la surface ; ôtée à l'écumoire, la gelée est limpide.

L'assiette froide. Le thermomètre dit 105 °C, l'assiette dit si ça prend : une goutte qui plisse sous le doigt après 30 secondes est une gelée qui tiendra en pot.

Ne pas trop cuire. Passé le point de prise, la gelée devient caoutchouteuse et perd son fruit. Dès que l'assiette plisse, on arrête.

La gelée est un condiment. Sucrée mais acide, elle se mange avec du beurre, du fromage ou une viande, jamais à la cuillère : c'est ce qu'elle accompagne qu'on accorde, et elle rapproche le fromage du vin rouge.

Préparation pas à pas

  1. Mûres triées, rincées, égouttées 10 min

    Un tiers de fruits rouges pour la pectine.

  2. Cuites 10 min avec l'eau, écrasées au pilon à mi-cuisson 10 min

    Jusqu'à ce que tout le jus soit rendu.

  3. Versées dans le linge, suspendu au-dessus d'un saladier 5 min

    Sans presser.

  4. Égouttage 4 h ou une nuit ; jus pesé 4 h

    Environ 90 cl.

  5. Jus, son poids de sucre et le citron à feu vif, écumés 3 min

    Assiette au congélateur.

  6. Ébullition 8 à 12 min, jusqu'à 105 °C 12 min

    Ébullition franche, sans couvrir.

  7. Test de l'assiette : la goutte plisse sous le doigt 1 min

    Sinon 2 min de plus.

  8. En pots brûlants, fermés aussitôt, retournés 5 min 5 min

    Étiquetés, à l'ombre.

Le conseil du caviste

Une gelée de mûres translucide, rouge grenat, acide et sucrée, sur le pain beurré du matin ou à côté d'un fromage.

Château Tour de Biot Malbec à 16 °C, le rouge jeune au fruit noir, sur le plateau de fromages avec la gelée.

Meung, thé noir forestier laotien à 90 °C, pour le petit déjeuner, sur la tartine.

Satemwa, thé noir fumé du Malawi à 90 °C, pour le goûter, sur le pain grillé.

Une gelée de fruit noir n'est pas un dessert, c'est un condiment, et un condiment sucré au fruit noir est un pont : posé à côté d'un fromage de chèvre ou d'une tomme, il autorise un rouge jeune au fruit noir que le fromage seul refuserait, parce que la gelée apporte au fromage le sucre et le fruit qui manquent au tanin pour passer. Le fromage de chèvre se boit blanc, tout le monde le sait ; mais le chèvre avec une cuillère de gelée de mûres se boit rouge, parce que la mûre et le malbec ont le même fruit, et que le sucre de la gelée arrondit le tanin. Le malbec de Tour de Biot, un bordeaux jeune, au fruit noir de mûre justement, est le vin de ce plateau, servi à 16 °C. Le matin, il n'y a pas de vin : sur la tartine beurrée, le Meung, un thé noir laotien forestier, aux notes de bois et de fruits noirs, fait exactement le travail du rouge ; au goûter, le Satemwa fumé, plus rustique, sur le pain grillé. La règle des gelées : on ne les boit pas, on accorde ce qu'elles accompagnent, et elles changent la couleur du vin.

À éviter : un vin doux, qui double le sucre de la gelée, et un rouge boisé, dont le bois écrase le fruit de la mûre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Tour de Biot MalbecChâteau Tour de Biot Malbec 9,50 €
Meung - Thé noir forestier laotien, Bokeo Grands JardinsMeung - Thé noir forestier laotien, Bokeo Grands Jardins 26,90 €
Satemwa - Thé noir fumé malawite, Shire Highlands Grands JardinsSatemwa - Thé noir fumé malawite, Shire Highlands Grands Jardins 26,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La gelée n'a pas pris

Fruits trop mûrs, pas de citron, ou cuisson trop courte. Un tiers de mûres rouges, le jus d'un citron, et le test de l'assiette avant de mettre en pots ; une gelée liquide se recuit 3 minutes.

La gelée est trouble

Linge pressé. Le jus s'égoutte seul, une nuit ; la pulpe passée trouble tout, et rien ne l'éclaircit ensuite.

Elle est dure comme du caoutchouc

Trop cuite. Dès que la goutte plisse sur l'assiette, on arrête ; chaque minute de plus durcit la gelée et lui ôte son fruit.

Elle a bruni et perdu son parfum

Cuisson trop longue à petit feu. À feu vif, sans couvrir, dix minutes : l'évaporation rapide garde la couleur grenat.

Des cristaux de sucre dans le pot

Trop de sucre, ou sucre mal dissous. Poids pour poids exactement, le sucre fondu avant l'ébullition, les bords de la casserole essuyés au pinceau mouillé.

Le pot a moisi

Pas assez de sucre, ou pot mal ébouillanté. Poids pour poids, des pots ébouillantés 5 minutes, remplis brûlants et fermés aussitôt.

Conservation & préparation anticipée

Les pots fermés se gardent 1 an à l'ombre, dans un placard sec ; une gelée bien prise et bien sucrée ne bouge pas.

Un pot ouvert se garde 1 mois au réfrigérateur, la cuillère propre à chaque fois.

Une gelée qui n'a pas pris se recuit : reversée dans la casserole avec le jus d'un demi-citron, 3 minutes d'ébullition, nouveau test de l'assiette.

Les fruits égouttés ne se jettent pas : passés au moulin à légumes, ils font une compote de mûres pour le lendemain.

Les mûres fraîches se gardent 2 jours au frais, ou se congèlent à plat pour une gelée d'hiver.

Variantes

La confiture de figues

Notre confiture de figues, l'autre conserve de l'automne.

La confiture de cerises

Notre confiture de cerises, la même méthode avec le fruit entier.

La pâte de coings

Notre pâte de coings, l'autre gelée du plateau de fromages.

La gelée de mûres et pommes

Un tiers de pommes à cuire, en quartiers avec la peau et les pépins, dans la première cuisson : leur pectine assure la prise, et la gelée garde tout le goût de la mûre.

Questions fréquentes

Quelle différence entre gelée et confiture ?

La confiture garde le fruit entier ou en morceaux ; la gelée ne garde que le jus, égoutté à travers un linge, cuit au sucre jusqu'à figer. La gelée est translucide et sans pépins, c'est pour cela qu'on la fait avec les fruits à pépins fins : mûres, groseilles, cassis, coings.

Faut-il ajouter de la pectine ?

Non, si un tiers des mûres sont rouges, pas encore mûres : elles en contiennent assez. Avec des mûres toutes noires et très mûres, un tiers de pommes à cuire dans la casserole remplace la pectine du commerce.

Peut-on mettre moins de sucre ?

Pas en dessous de 800 g par litre de jus : le sucre fait prendre et conserve. Une gelée allégée ne prend pas bien et se garde un mois au réfrigérateur, pas un an au placard.

Comment savoir si elle est prise ?

Une assiette au congélateur, une goutte de gelée posée dessus, 30 secondes, un doigt qui la pousse : si elle plisse en avant, c'est pris ; si elle coule, 2 minutes d'ébullition de plus. Le thermomètre à 105 °C confirme, l'assiette décide.

Peut-on faire la gelée avec des mûres congelées ?

Oui : cuites sans décongeler, avec la même eau, elles rendent leur jus aussi bien. La couleur est un peu moins vive, la prise identique.

Quel vin servir avec ?

Au petit déjeuner, aucun : un thé noir forestier sur la tartine. Sur un plateau de fromages, un rouge jeune au fruit noir à 16 °C, un malbec de Bordeaux, que la gelée autorise sur le chèvre. Jamais un vin doux, qui double le sucre, ni un rouge boisé.

La gelée est la plus ancienne des conserves de fruits : avant la confiture, qui garde le fruit, on gardait son jus, cuit au sucre ou au miel jusqu'à ce qu'il fige. La mûre, fruit gratuit des chemins, en a toujours été la matière : riche en pectine quand elle est cueillie un peu avant maturité, acide, colorée, elle prend sans rien d'autre que du sucre et du citron. La gelée de mûres est la conserve du cueilleur, comme les cèpes farcis sont le plat du panier plein.

Les mûres : 1,5 kg de mûres sauvages, cueillies loin des routes, un tiers rouges et pas tout à fait mûres, deux tiers noires et mûres ; les rouges apportent la pectine et l'acidité, les noires le parfum et la couleur ; triées, les feuilles et les insectes ôtés, rincées rapidement à l'eau froide, égouttées. Dans une grande casserole, avec 15 cl d'eau, à feu moyen, 10 minutes, en écrasant les fruits au pilon à mi-cuisson, jusqu'à ce qu'ils aient rendu tout leur jus.

Le jus : les fruits versés dans un linge propre, une étamine ou un torchon fin, noué et suspendu au-dessus d'un saladier, 4 heures ou une nuit, à égoutter sans presser ; le jus obtenu, environ 90 cl, pesé. Le linge pressé donnerait 20 cl de plus, et une gelée trouble.

La cuisson : dans une bassine à confiture ou une casserole large, le jus, son poids de sucre cristallisé, soit 900 g pour 90 cl, et le jus d'un citron ; à feu vif, en écumant, 8 à 12 minutes d'ébullition franche, jusqu'à 105 °C au thermomètre ; la prise vérifiée sur une assiette sortie du congélateur : une goutte de gelée y est posée, on attend 30 secondes, on la pousse du doigt ; si elle plisse, c'est pris ; si elle coule, 2 minutes de plus et on recommence. Versée brûlante dans des pots ébouillantés, fermés aussitôt, retournés 5 minutes.

Le service : au petit déjeuner, sur du pain de campagne grillé et beurré, avec un thé noir ; sur un plateau de fromages, à côté d'un chèvre sec ou d'une tomme, avec un rouge jeune au fruit noir ; et en cuisine, pour laquer un magret ou un gibier, une cuillère fondue dans le jus de cuisson. Les variantes : la gelée de mûres et pommes, un tiers de pommes à cuire dans la casserole, pour une prise plus sûre ; la mûre et cassis, plus acide ; et la gelée épicée, un bâton de cannelle et deux clous de girofle dans la cuisson, pour le gibier.

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