Queue de lotte rôtie au four dans un plat en fonte, chair blanche et nacrée bardée de fines tranches de lard doré, tomates cerises, gousses d'ail en chemise, thym, jus au vin blanc, verre de blanc pâle, table de bois, lumière chaude

Plat principal

Queue de lotte au four : la recette rôtie au lard, au vin blanc et aux herbes, chair ferme et nacrée

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 5 min
  • Élevé
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN PLAT À RÔTIR EN FONTE OU EN TERRE (L'OUTIL DU PLAT : il chauffe fort et garde le jus, qui devient la sauce)
  • un couteau à lame fine et souple (la membrane translucide retirée à plat)
  • de la ficelle de cuisine (le lard maintenu autour de la queue)
  • une cuillère (la queue arrosée deux fois pendant la cuisson)
  • du papier absorbant (la chair épongée : la lotte rend de l'eau)
  • un couteau qui coupe (les médaillons tranchés de part et d'autre de l'os)

L'astuce du chef

La lotte ne se cuit pas comme un poisson blanc. Sa chair est ferme, serrée, presque charnue, sans arête sauf la centrale : elle supporte la chaleur vive, le four, la cocotte, et elle gagne à cuire un peu plus longtemps qu'un cabillaud. Mais elle rend beaucoup d'eau et se rétracte : on la sèche bien avant de la saisir, et on ne la couvre pas au four, sinon elle bout dans son jus au lieu de rôtir.

La peau fine, celle qu'on oublie. Sous la peau grise que le poissonnier retire, la lotte garde une fine membrane translucide, nacrée : si on la laisse, elle se rétracte à la cuisson et tord le morceau. On la retire en glissant la lame à plat, comme pour lever la peau d'un filet, et la queue reste droite.

La barde de lard, pas un hasard. La lotte est maigre et son gras ne la protège pas : six tranches fines de lard ou de poitrine fumée, ficelées autour, fondent pendant les vingt-cinq minutes, arrosent la chair en continu et lui donnent le fumé qui lui manque. C'est le même principe que la barde d'un rôti de veau. Sans lard, on double l'huile d'olive et on arrose trois fois.

25 minutes à 200 °C, et pas plus. Une queue de 1,2 kg, soit quatre belles parts, demande 25 minutes ; 1 kg, 20 minutes ; 1,5 kg, 30. La chair est prête quand elle se détache de l'os central sous la pointe du couteau et qu'elle reste nacrée au centre, légèrement translucide. Blanche et opaque partout, elle est déjà trop cuite, et elle devient élastique en refroidissant.

Le plat découvert, le vin à côté. Deux fautes classiques : couvrir le plat, et verser le vin sur le poisson. Couverte, la lotte cuit à la vapeur dans l'eau qu'elle rend, et elle sort pâle et molle. Arrosée de vin, elle ne dore pas. Le vin blanc se verse dans le plat, autour, où il réduit avec le jus de cuisson et les tomates pour devenir la sauce.

L'ail en chemise et les tomates cerises. Une tête d'ail séparée en gousses non pelées : elles confisent doucement, sans brûler ni dominer, et se pressent à la fourchette sur l'assiette. Les tomates cerises éclatent, rendent leur jus sucré et acide, et suffisent à faire l'accompagnement. On peut ajouter des pommes de terre grenaille à mi-cuisson, ou des poivrons.

Le repos, cinq minutes. Comme une viande, la lotte se détend hors du four : cinq minutes sous une feuille d'aluminium posée sans serrer, et le jus se répartit au lieu de fuir à la découpe. C'est aussi le temps qu'il faut pour monter la sauce.

Le jus monté au beurre. Le jus du plat, vin réduit, gras du lard et eau des tomates, versé dans une casserole, porté à frémissement, puis 30 g de beurre froid fouettés hors du feu et un trait de citron : une sauce courte, brillante, qui nappe. Sans beurre, on le laisse tel quel, il est déjà bon.

Trancher, et l'os. La queue se tranche en médaillons de deux centimètres, le couteau glissant de part et d'autre de l'arête centrale, qui se retire ensuite d'un seul tenant. C'est le confort de la lotte, et l'argument qui fait manger du poisson à ceux qui craignent les arêtes.

Ce qui va avec. Un riz pilaf, des pommes de terre grenaille rôties dans le même plat, des épinards à la crème, ou simplement du pain pour la sauce. L'hiver, une purée de céleri ; l'été, une ratatouille.

Ce qu'on en fait le lendemain. Froide, la lotte se coupe en dés et fait une salade tiède avec des pommes de terre et une vinaigrette à la moutarde, ou une brandade si on l'effiloche. Réchauffée, elle durcit : on la mange froide.

La queue de lotte au four boit un blanc sec et rond. Une chair ferme et douce, du lard fumé, un jus au vin blanc monté au beurre : il faut un blanc sec avec du gras, pour la sauce et le beurre, et assez de vivacité pour le citron et la tomate, un montravel blanc, un sémillon, un chardonnay sans bois marqué. Pas de blanc trop acide, qui coupe la sauce ; pas de rouge tannique, métallique sur le poisson.

Préparation pas à pas

  1. Membrane translucide retirée à la lame plate ; queue rincée, épongée à fond au papier ; salée, poivrée sur toutes les faces 8 min

    La membrane retirée : sinon la queue se tord au four.

  2. Tranches de lard posées autour de la queue, en les faisant se chevaucher ; le tout ficelé en 4 tours, sans serrer 5 min

    Le lard protège et parfume, comme une barde de rôti.

  3. Four à 200 °C ; plat huilé ; queue posée au centre, tomates cerises, gousses d'ail en chemise, thym et laurier autour 3 min

    L'ail en chemise confit sans brûler.

  4. Vin blanc versé dans le plat, à côté du poisson, pas dessus ; un filet d'huile sur le lard 1 min

    Le vin fait le jus, et la vapeur reste sous le poisson.

  5. 25 min au four, sans couvrir, la queue arrosée de son jus à 10 min et à 18 min 25 min

    Jamais couvert : couverte, la lotte bout dans son eau.

  6. Cuisson vérifiée : la chair se détache de l'os central et reste nacrée au cœur ; 5 min de repos hors du four 6 min

    25 minutes pour 1,2 kg, 20 pour 1 kg.

  7. Jus du plat versé dans une petite casserole, porté à frémissement, beurre froid fouetté dedans, jus de citron, poivre 3 min

    Le beurre monte le jus en sauce brillante.

  8. Ficelle coupée, queue tranchée en médaillons de part et d'autre de l'os, servie avec le lard, les tomates, l'ail et la sauce 3 min

    On presse une gousse d'ail confite sur chaque assiette.

Le conseil du caviste

Une queue de lotte au four, bardée de lard, rôtie 25 minutes avec l'ail en chemise, les tomates cerises et un verre de blanc, tranchée en médaillons.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 11 °C, le montravel blanc sec et rond, sur la lotte rôtie au lard et son jus monté au beurre.

Moulin Caresse Le Sémillon à 11 °C, le sémillon gras et souple, sur la lotte du dimanche, sauce crémée.

Domaine de Mayat Chardonnay à 10 °C, le chardonnay sans bois marqué, sur la lotte aux tomates et à l'ail confit.

La queue de lotte au four boit un blanc sec et rond : c'est une chair ferme, douce, presque charnue, relevée par le fumé du lard et servie avec un jus de vin blanc monté au beurre, et elle veut un blanc sec qui ait du gras, pour tenir le beurre et le lard, et assez de vivacité pour la tomate et le citron, un montravel blanc, un sémillon, un chardonnay sans bois marqué ; sur la version crémée, plus riche, un sémillon plus gras ; sur la version aux tomates et à l'ail confit, un chardonnay plus vif ; un blanc trop acide coupe la sauce au beurre, et un rouge tannique est métallique sur le poisson. C'est la règle des poissons rôtis en sauce beurrée : du blanc sec, du gras, pas de bois appuyé. Le Magie d'Automne blanc de Moulin Caresse, rond, à 11 °C, est le verre de la lotte bardée ; le Sémillon, plus gras, à 11 °C, sur la version crémée ; et le Chardonnay du Domaine de Mayat, à 10 °C, sur la lotte aux tomates. La règle de la lotte : un plat découvert, vingt-cinq minutes, et un blanc déjà au frais.

À éviter : un blanc très acide, qui coupe la sauce, et un rouge tannique, métallique sur le poisson.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le poisson a rendu beaucoup d'eau

Chair mal séchée, ou four trop doux. Épongée au papier, saisie à feu vif ou enfournée à 200 °C, jamais couverte.

La chair est caoutchouteuse

Trop cuite. La lotte est prête quand la chair se détache de l'arête et reste nacrée au centre, pas blanche partout.

La queue s'est tordue au four

Membrane translucide laissée. Retirée à la lame plate avant de barder, et la ficelle qui maintient droit.

Le lard n'a pas doré

Tranches trop épaisses, ou four trop doux. Des tranches fines, 200 °C, et 3 minutes sous le gril à la fin.

Il n'y a pas de jus

Plat trop grand, le vin s'est évaporé. Un plat à la taille du poisson, et 5 cl d'eau si ça sèche à mi-cuisson.

La sauce a tranché

Beurre ajouté sur le feu vif. Hors du feu, froid, en petits morceaux, en fouettant.

Conservation & préparation anticipée

La lotte rôtie se garde 2 jours au réfrigérateur, couverte ; elle se mange froide, en salade, car réchauffée elle durcit.

La sauce se garde 2 jours et se réchauffe doucement, sans bouillir si elle est montée au beurre.

La lotte crue se garde 1 jour au réfrigérateur, sur un lit de glace, et se congèle 2 mois, parée, sous vide.

L'arête centrale ne se jette pas : elle fait un fumet en 20 minutes.

Variantes

La blanquette de la mer

Notre blanquette de la mer, la même sauce crémée, avec plusieurs poissons et des fruits de mer.

Le homard à l'armoricaine

Notre homard à l'armoricaine, la sauce tomate, cognac et fumet, que la lotte porte aussi très bien.

Le fumet de poisson

Notre fumet de poisson, la base qui fait toutes ces sauces, et que l'arête de lotte mérite.

La queue de lotte au safran et à la crème

La même queue rôtie 20 minutes sans lard, et une sauce à part : 2 échalotes fondues au beurre, 15 cl de vin blanc réduit, 20 cl de crème, 2 pincées de safran, 10 minutes à frémissement, servie sur les médaillons ; c'est la version de fête, plus douce, et elle demande un blanc plus gras encore.

Questions fréquentes

Comment choisir sa lotte ?

Une chair blanc rosé, ferme au doigt, brillante, sans odeur d'ammoniaque : c'est le signe d'un poisson frais, la lotte tournant vite. On demande la queue parée, peau grise et membrane retirées, ou on le fait soi-même à la lame plate. Comptez 200 g de queue parée par personne, l'os central pesant lourd ; les joues, elles, se vendent à la pièce et n'ont pas de déchet.

Faut-il retirer la membrane ?

Oui, c'est le seul geste technique du plat. Sous la peau grise que le poissonnier enlève reste une membrane fine et translucide qui se rétracte à la chaleur : la queue se tord, se déforme et durcit par endroits. On glisse une lame fine à plat entre la membrane et la chair, on tire en tenant la membrane, et cela vient en trois ou quatre bandes. Le poissonnier le fait volontiers si on le demande.

Combien de temps de cuisson ?

25 minutes à 200 °C pour une queue de 1,2 kg, 20 minutes pour 1 kg, 30 pour 1,5 kg, plat découvert, en arrosant deux fois. La chair est cuite quand elle se détache de l'os central et reste nacrée au centre. Une lotte trop cuite devient élastique, et c'est irréversible : mieux vaut la sortir une minute trop tôt, le repos finit le travail.

Peut-on la faire sans lard ?

Oui : on double l'huile d'olive, on arrose trois fois au lieu de deux, et on ajoute une branche de romarin. Le plat est plus marin, moins gourmand. On peut aussi remplacer le lard par du jambon cru, plus fin, posé sur la queue les dix dernières minutes seulement, sinon il sèche.

Par quoi remplacer la lotte ?

Par un dos de cabillaud épais, une joue de raie, un filet de julienne ou un dos de merlu, en réduisant la cuisson de cinq minutes, ces chairs étant plus fragiles. La lotte reste la seule qui se tranche en médaillons comme un rôti. Les joues de lotte, elles, se cuisent à la poêle en quelques minutes.

Quel vin servir avec ?

Un blanc sec et rond : un montravel blanc à 11 °C, dont le gras tient le beurre et le lard, un sémillon sur la version crémée, un chardonnay sans bois marqué à 10 °C sur la version aux tomates et à l'ail confit. Pas de blanc très acide, qui coupe la sauce au beurre, ni de rouge tannique, métallique sur le poisson.

La lotte est un poisson laid et cher dont on ne mange que la queue et les joues, et c'est le poisson des gens qui n'aiment pas les arêtes : une seule, centrale, qu'on retire d'un geste, et une chair ferme qui ne s'effrite pas. Rôtie au four, bardée de lard, avec de l'ail en chemise et un verre de blanc dans le plat, elle se comporte exactement comme un rôti de viande : on l'enfourne, on l'arrose, on la tranche devant les convives. C'est un plat de dimanche sans travail, et le seul risque est de la cuire dix minutes de trop.

Les ingrédients, pour 4 : 1 queue de lotte de 1,2 kg, parée, peau et membrane retirées ; 6 fines tranches de lard ou de poitrine fumée ; 15 cl de vin blanc sec ; 250 g de tomates cerises ; 1 tête d'ail ; 3 branches de thym ; 2 feuilles de laurier ; 3 cuillères à soupe d'huile d'olive ; 30 g de beurre ; 1 citron ; sel, poivre.

La méthode : membrane retirée, queue épongée, salée, poivrée ; bardée de lard et ficelée ; posée dans un plat huilé avec l'ail en chemise, les tomates, le thym et le laurier ; vin blanc versé ; 25 minutes à 200 °C, arrosée deux fois, jamais couverte ; 5 minutes de repos ; jus monté au beurre et au citron ; tranchée en médaillons.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €

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