Yaourt glacé en boules dans une coupe en verre, texture blanche dense et satinée légèrement rosée, framboises et myrtilles fraîches autour, zeste de citron, cuillère givrée, bac à glace ouvert derrière, table de bois clair

Dessert

Yaourt glacé : la recette maison, avec ou sans sorbetière

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 0 min
  • Repos : 4 h
  • Faible
  • 6 personnes
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE ÉTAMINE OU UN LINGE FIN (L'OUTIL DU DESSERT : 2 heures d'égouttage, et l'eau qui ferait les cristaux part)
  • UN BAC PEU PROFOND (large et plat : une masse épaisse gèle par l'extérieur et cristallise au centre)
  • un batteur électrique (les trois fouettages pendant la prise, énergiques et rapides)
  • une maryse (la chantilly pliée dans le yaourt sans la casser)
  • une cuillère à glace passée sous l'eau chaude (les boules se forment sur un yaourt glacé sorti 15 min avant)
  • une sorbetière (facultative : 25 minutes, et la texture est meilleure)

L'astuce du chef

Pourquoi il durcit plus qu'une glace. Une crème glacée contient beaucoup de matière grasse, et ce gras enrobe les molécules d'eau et les empêche de s'assembler en gros cristaux. Un yaourt, même grec, en contient trois à quatre fois moins et beaucoup plus d'eau. Résultat : la même recette donne un bloc dur et râpeux au lieu d'une masse onctueuse. Tout ce qui suit sert à compenser ce déficit de gras, par l'égouttage, par le sucre et par la crème.

L'égouttage, deux heures qui changent la texture. Un yaourt nature perd un tiers de son volume en petit-lait quand on le laisse deux heures dans une étamine au réfrigérateur. Cette eau retirée, ce sont les cristaux qu'on n'aura pas. Le yaourt grec du commerce est déjà égoutté et dispense de l'opération, ce qui explique qu'on le recommande. Ne jetez pas le petit-lait : il remplace le babeurre dans une pâte à pancakes ou à pain.

Le sucre n'est pas qu'un goût, c'est un antigel. C'est le point que l'on ignore presque toujours et qui condamne les versions allégées. Le sucre dissous abaisse le point de congélation de l'eau : une préparation sucrée ne gèle jamais complètement et reste cuillérable. Réduire le sucre de cent à cinquante grammes ne rend pas le dessert plus léger, cela le rend dur comme de la pierre. Si vous voulez alléger, réduisez la crème, jamais le sucre.

Du sucre glace, et pas du semoule. Le sucre en poudre ordinaire ne se dissout pas dans une préparation froide : il reste en cristaux qu'on sent crisser sous la dent, et il ne joue alors pas son rôle d'antigel, puisque seul le sucre dissous abaisse le point de congélation. Le sucre glace, lui, disparaît en trente secondes de fouet. Le miel et le sirop de glucose font encore mieux, mais ils marquent le goût.

La crème montée, pour le gras et pour l'air. Vingt centilitres de crème entière montée en chantilly souple apportent deux choses : la matière grasse qui manque au yaourt, et de l'air. Cet air, qu'on appelle le foisonnement, est ce qui rend une glace légère sous la cuillère ; une sorbetière en incorpore mécaniquement, la chantilly le fait à l'avance pour ceux qui n'en ont pas. On la monte souple, en ruban, car trop ferme elle se mêlerait mal.

Sans sorbetière : trois fouettages, et c'est tout. La sorbetière brasse en continu pendant que la masse gèle, ce qui brise les cristaux au fur et à mesure. Sans elle, on reproduit le geste à la main : toutes les quarante-cinq minutes, on sort le bac et on fouette énergiquement au batteur pendant trente secondes, trois fois de suite. Chaque passage casse les cristaux formés en surface et les redistribue. Sauter un seul de ces trois rendez-vous se voit à la dégustation.

Le bac large et peu profond. Une masse épaisse gèle par l'extérieur et met des heures à prendre au centre, ce qui laisse le temps à de gros cristaux de se former au milieu. Un bac large et plat, où la préparation ne dépasse pas quatre centimètres, gèle vite et régulièrement. Un film au contact de la surface évite en prime la couche de givre qui se dépose sur toute chose oubliée au congélateur.

Le citron, qui n'est pas là pour l'acidité. Enfin, pas seulement. Le yaourt est déjà acide ; le jus de citron ajoute une acidité différente, plus vive et plus courte, qui réveille l'ensemble et empêche le dessert de paraître plat une fois très froid. Le froid anesthésie les papilles et écrase les saveurs, ce qui explique qu'une préparation glacée doive toujours être un peu plus assaisonnée qu'elle ne le semble à température.

Quinze minutes de tempérage avant de servir. Un yaourt glacé maison sort du congélateur beaucoup plus dur qu'une glace industrielle, qui contient des stabilisants. Quinze minutes au réfrigérateur, ou dix sur le plan de travail, suffisent à le ramener à la bonne texture. La cuillère à glace passée sous l'eau chaude entre chaque boule fait le reste. Si vous le préparez la veille, comptez plutôt vingt minutes.

Les parfums qui marchent, et ceux qui ratent. Fruits rouges écrasés et marbrés, mangue, pêche, fruit de la passion, miel et noix, citron et basilic, café. Ce qui rate, ce sont les fruits très aqueux ajoutés crus en morceaux, melon ou pastèque, qui gèlent en glaçons durs à l'intérieur de la masse : il faut alors les réduire en purée et les réduire à la casserole pour concentrer. Les coulis du commerce, déjà sucrés, demandent de baisser un peu le sucre glace.

Préparation pas à pas

  1. Yaourt nature versé dans une étamine au-dessus d'un bol, 2 h au réfrigérateur ; étape sautée si l'on part d'un grec 2 h

    L'eau retirée maintenant, ce sont les cristaux qu'on n'aura pas.

  2. Sucre glace, jus de citron, vanille et sel fouettés dans le yaourt jusqu'à disparition complète du sucre 3 min

    Sucre glace : le semoule ne se dissout pas à froid et crisse.

  3. Crème entière très froide montée en chantilly souple, qui fait le ruban sans être ferme 4 min

    Souple, pas ferme : trop montée, elle se mêle mal.

  4. Chantilly pliée dans le yaourt à la maryse, en soulevant, en trois fois 3 min

    C'est elle qui apporte le gras qui manque au yaourt.

  5. Fruits rouges écrasés à la fourchette et marbrés dans la masse, sans mélanger complètement 3 min

    Marbré : on veut des veines, pas une couleur uniforme.

  6. Versé dans un bac large et peu profond, surface lissée, filmé au contact 2 min

    Le film au contact empêche la couche de givre.

  7. En sorbetière 25 min ; sans sorbetière, 4 h au congélateur avec un fouettage énergique toutes les 45 min, 3 fois 4 h

    Les trois fouettages cassent les cristaux : c'est toute la technique.

  8. Sorti du congélateur 15 min avant de servir ; boules formées à la cuillère passée sous l'eau chaude 15 min

    Sorti à l'instant, il est dur comme un glaçon : c'est normal.

Le conseil du caviste

Un yaourt glacé maison, yaourt grec égoutté, sucre glace, chantilly pliée dedans et fruits rouges marbrés, pris en 4 heures.

Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, le crémant rosé, dont les bulles et le fruit rouge répondent aux fruits marbrés.

Moulin Caresse La Frangine Rosé à 8 °C, le rosé du Périgord, servi très frais, sur le yaourt glacé de la table d'été.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Doux à 8 °C, le doux de Bergerac, sur la version au miel et aux noix, plus riche.

Un dessert glacé pose un problème que les autres n'ont pas, celui de la température : à moins de zéro, les papilles sont en partie anesthésiées et un vin servi dessus paraît systématiquement plus acide et plus alcooleux qu'il ne l'est, si bien qu'il faut préférer la fraîcheur des bulles à la matière d'un vin tranquille, un crémant rosé à 7 °C dont l'effervescence réveille le palais entre deux cuillerées et dont le fruit rouge rejoint les framboises marbrées dans la masse ; le yaourt glacé est en outre franchement acide, ce qui exclut les vins très sucrés et lourds qui donneraient un choc désagréable, et un rosé sec servi très frais à 8 °C convient souvent mieux qu'un moelleux ; c'est seulement sur une version au miel et aux noix, sans fruit acide, qu'un doux de Bergerac à 8 °C trouve sa place ; un vin rouge, un vin chaud en bouche ou un liquoreux concentré sont tous les trois à écarter. C'est la règle des desserts glacés : des bulles fraîches plutôt que du sucre. Le Tour du Roy rosé, à 7 °C, est le verre du yaourt glacé aux fruits rouges ; la Frangine rosé, à 8 °C, pour la table d'été ; et le Magie d'Automne doux, à 8 °C, sur la version au miel.

À éviter : un liquoreux concentré, qui se heurte à l'acidité du yaourt, et tout rouge.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est dur comme un glaçon

Pas assez de sucre, ou yaourt non égoutté. Le sucre est un antigel : 100 g pour 500 g de yaourt, et 2 heures d'égouttage avant tout.

C'est râpeux, plein de cristaux

Les fouettages ont été sautés. Sans sorbetière, il faut fouetter énergiquement toutes les 45 minutes, trois fois pendant la prise.

Le sucre crisse sous la dent

Sucre semoule, qui ne se dissout pas à froid. Du sucre glace, fouetté jusqu'à disparition complète avant d'ajouter quoi que ce soit.

C'est fade une fois glacé

Le froid anesthésie les papilles. Il faut assaisonner plus franchement qu'à température : le jus d'un citron entier et une pincée de sel.

Il y a des morceaux durs dedans

Fruits aqueux ajoutés crus, qui gèlent en glaçons. Réduits en purée, et réduits à la casserole s'ils sont très juteux, melon ou pastèque.

Une couche de givre s'est formée dessus

Bac mal fermé. Un film posé au contact de la surface, puis le couvercle, et le bac rangé loin de la porte.

Conservation & préparation anticipée

Le yaourt glacé se garde 2 semaines au congélateur, filmé au contact, mais il est nettement meilleur dans les 48 heures : au-delà, les cristaux se reforment.

Il se sort 15 minutes avant de servir, 20 s'il a passé la nuit au congélateur : sans stabilisants, il est plus dur qu'une glace du commerce.

Il ne se recongèle jamais une fois fondu : la texture devient sableuse et l'eau se sépare.

Le petit-lait de l'égouttage se garde 5 jours au réfrigérateur et remplace le babeurre dans des pancakes, une pâte à pain ou une marinade.

Variantes

Le yaourt maison

Notre yaourt maison, avec ou sans yaourtière, la base de tout ce qui suit.

Le sorbet au citron

Notre sorbet au citron maison, sans aucun produit laitier, encore plus vif.

La glace à la vanille

Notre glace à la vanille, la version riche, sur crème anglaise, qui ne durcit pas.

Le yaourt glacé au miel et aux noix

Le même yaourt égoutté avec 80 g de miel à la place d'une partie du sucre glace et 60 g de cerneaux de noix concassés ajoutés au dernier fouettage : la version d'hiver, sans fruit acide, qui se sert avec un doux de Bergerac.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un yaourt glacé et une glace ?

La matière grasse, et ce que cela change. Une crème glacée en contient trois à quatre fois plus, et ce gras enrobe l'eau et empêche les gros cristaux de se former, d'où une texture souple. Le yaourt glacé, plus maigre et plus acide, durcit davantage au congélateur et demande donc un égouttage, du sucre en quantité et un peu de crème pour compenser.

Peut-on réduire le sucre ?

C'est justement ce qu'il ne faut pas faire. Le sucre dissous abaisse le point de congélation de l'eau : c'est lui qui empêche la préparation de geler en bloc et la garde cuillérable. Passer de 100 à 50 g ne rend pas le dessert plus léger, il le rend dur comme de la pierre. Si vous voulez alléger, réduisez plutôt la crème, ou supprimez-la.

Comment faire sans sorbetière ?

En reproduisant son geste à la main. La sorbetière brasse pendant que la masse gèle, ce qui brise les cristaux au fur et à mesure. Sans elle, sortez le bac toutes les quarante-cinq minutes et fouettez énergiquement trente secondes au batteur, trois fois de suite pendant les quatre heures de prise. Chaque passage compte, et en sauter un se voit à la dégustation.

Faut-il vraiment égoutter le yaourt ?

Si vous partez d'un yaourt nature, oui : deux heures dans une étamine au réfrigérateur lui font perdre un tiers de son volume en petit-lait, et cette eau retirée, ce sont les cristaux que vous n'aurez pas. Avec un yaourt grec, déjà égoutté par le fabricant, l'étape est inutile. Gardez le petit-lait, il remplace le babeurre dans des pancakes.

Combien de temps se garde-t-il ?

Deux semaines au congélateur, filmé au contact, mais il est bien meilleur dans les quarante-huit heures : au-delà, les cristaux se reforment lentement et la texture se dégrade. Sortez-le quinze minutes avant de servir, vingt s'il a passé la nuit au froid, car sans stabilisants il est plus dur qu'une glace du commerce.

Quel vin servir avec ?

Des bulles plutôt que du sucre. À température glacée, les papilles sont en partie anesthésiées et tout vin paraît plus acide qu'il ne l'est : un crémant rosé à 7 °C réveille le palais entre deux cuillerées et son fruit rouge rejoint les framboises. Le yaourt étant acide, un rosé sec très frais convient souvent mieux qu'un moelleux. Un doux seulement sur la version au miel.

On le croit souvent plus simple qu'une glace, et il l'est par la préparation : pas de crème anglaise, pas de cuisson, pas de thermomètre. Mais il se comporte moins bien au congélateur, et c'est ce qu'il faut savoir avant de commencer. Un yaourt contient beaucoup d'eau et peu de matière grasse, or c'est le gras qui empêche l'eau de cristalliser en paillettes. Un yaourt glacé mal fait sort du bac dur comme un glaçon et râpeux sous la cuillère. Deux gestes règlent l'affaire, et ni l'un ni l'autre ne coûte d'effort : on égoutte, et on ne lésine pas sur le sucre.

Les ingrédients, pour 6 : 500 g de yaourt grec, ou de yaourt nature égoutté ; 100 g de sucre glace ; 20 cl de crème liquide entière ; 1 citron ; 250 g de fruits rouges, facultatifs ; 1 cuillère à café de vanille ; 1 pincée de sel.

La méthode : yaourt égoutté 2 heures dans une étamine si l'on part d'un yaourt nature ; sucre glace, jus de citron, vanille et sel fouettés dedans jusqu'à dissolution complète ; crème entière très froide montée en chantilly souple et pliée à la maryse ; fruits rouges écrasés grossièrement et marbrés dedans ; versé dans un bac ; en sorbetière, 25 minutes ; sans sorbetière, 4 heures au congélateur avec un fouettage énergique toutes les 45 minutes, trois fois ; sorti 15 minutes avant de servir.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €

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