Bigos polonais dans un bol en grès, choucroute et chou braisés avec saucisse fumée, porc, pruneaux et champignons, pain de seigle, verre de vin rouge, table de bois

Plat principal

Bigos, la potée du chasseur polonais : moitié choucroute, moitié chou frais, viandes fumées, pruneaux et champignons secs, cuit et réchauffé trois jours de suite

Le bigos est le plat de chasse, de Noël et de tous les hivers de la Pologne : un mélange à parts égales de choucroute et de chou frais, mijoté avec des viandes fumées, saucisse, poitrine, échine, des champignons secs, des pruneaux et une cuillère de miel, jusqu'à ce que le chou soit brun et fondant. Le secret n'est pas dans la liste, il est dans le temps : un bigos se cuit une première fois, se laisse refroidir, se réchauffe le lendemain, et le surlendemain encore, et c'est au troisième jour qu'il est bon, quand le chou a bu les viandes et que l'acide s'est fondu dans le sucre du pruneau.

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 4 h en trois jours
  • Repos : 2 nuits de refroidissement
  • Moyen
  • 8 personnes
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • UNE TRÈS GRANDE COCOTTE EN FONTE (L'OUTIL DU PLAT : deux choux, trois viandes, trois jours)
  • deux casseroles (les deux choux cuits séparément)
  • une poêle (rissoler les viandes)
  • un bol (tremper les champignons)
  • une passoire fine (filtrer l'eau des champignons)
  • une cuillère en bois (gratter le fond à chaque réchauffage)

L'astuce du chef

Mickiewicz lui consacre une page : il se cuit dans les chaudrons, et il faut le temps. Trois jours.

Ce n'est pas une coquetterie, c'est sa chimie. Acide, doux, fumé, sucré doivent cesser d'être quatre choses.

Moitié choucroute, moitié chou frais, cuits séparément le premier jour. L'une donne l'acide, l'autre la douceur.

La choucroute seule ferait un plat aigre ; le chou frais seul, un plat plat. Ensemble, un plat.

Les viandes rissolées jusqu'au brun : échine, poitrine fumée, saucisse fumée. Avec les oignons.

Les champignons secs trempés, leur eau filtrée dans la cocotte. C'est le fond.

Pruneaux, miel, concentré, carvi, un verre de vin rouge. Deux heures à couvert.

Puis on éteint et on laisse refroidir. C'est bon, ce n'est pas encore du bigos.

Le deuxième jour, une heure de réchauffage très doux, et l'on refroidit. Le chou brunit.

Le troisième jour, on réchauffe encore, et c'est là. Fondant sans être défait.

Les viandes ont donné leur fumé à tout, l'acide s'est arrondi dans le sucre du pruneau. Le goût sombre qu'on reconnaît à l'odeur.

Du pain de seigle, et rien d'autre. Il se congèle, et il s'améliore.

Préparation pas à pas

  1. Jour 1 : choucroute rincée, pressée, mijotée 1 h avec laurier et genièvre 1 h

    Dans peu d'eau.

  2. Chou frais émincé, cuit 40 min dans un bouillon ; champignons secs à tremper 40 min

    À part.

  3. Rissoler échine, poitrine, saucisse et oignons jusqu'au brun 15 min

    Le fumé et le brun.

  4. Tout dans la cocotte : choux, viandes, champignons et leur eau, pruneaux, concentré, miel, carvi, vin 5 min

    Mélanger.

  5. Mijoter 2 h à feu doux, à couvert ; éteindre, refroidir 2 h

    C'est bon, ce n'est pas encore du bigos.

  6. Jour 2 : réchauffer 1 h à feu très doux, un peu d'eau si ça attache ; refroidir 1 h

    Le chou brunit.

  7. Jour 3 : réchauffer encore 1 h 1 h

    Fondant, brun, profond : c'est là.

  8. Servir avec du pain de seigle 2 min

    Rien d'autre.

Le conseil du caviste

Un chou cuit et réchauffé trois jours, fumé, sucré de pruneau, sans plus d'acide.

Le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Rouge à 16 °C, mûr.

Le Château Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge à 15 °C, rond.

Le Château les Farcies du Pech Pécharmant à 16 °C, terrien.

Le temps de cuisson change la couleur du vin. Une choucroute alsacienne, cuite une heure, est acide et veut un blanc sec ; le même chou fermenté, cuit et réchauffé trois jours dans les viandes fumées et le pruneau, a perdu son acide, gagné du sucre et du brun, et il n'a plus rien à faire avec un blanc : il veut un rouge rond, mûr, aux fruits noirs, comme un ragoût. Le bigos est la preuve qu'un même ingrédient peut appeler deux couleurs selon le temps qu'on lui donne : on regarde l'assiette, pas la liste de courses.

À éviter : un blanc sec, qui fait ressortir l'acide résiduel et paraît maigre sur le fumé, et un rouge tannique et jeune, dur sur le pruneau.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne RougeChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Rouge 9,90 €
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Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Mon bigos est aigre

Trop de choucroute ou pas assez de jours. Moitié chou frais, les pruneaux et le miel, et les deux réchauffages : l'acide s'arrondit avec le temps.

Il est plat, sans profondeur

Viandes pas rissolées, pas de champignons secs, pas assez de jours. Le brun des viandes, l'eau des cèpes, et trois jours.

Le chou est en bouillie

Trop de liquide et feu trop fort. Peu d'eau, feu très doux, et à couvert : le chou doit fondre, pas bouillir.

Ça a attaché

Réchauffé sans eau ni surveillance. Un demi-verre d'eau à chaque réchauffage, feu très doux, et on gratte le fond.

C'est trop salé

Choucroute pas rincée et viandes très salées. On rince la choucroute une fois, et l'on ne sale qu'à la fin, s'il le faut.

C'est trop gras

Trop de poitrine. On dégraisse à la cuillère en surface le deuxième jour, quand le gras a figé au froid.

Conservation & préparation anticipée

Le bigos se garde 5 jours au réfrigérateur et s'améliore à chaque réchauffage : c'est le principe.

Il se congèle 3 mois, en portions, et les Polonais disent qu'il est meilleur après congélation.

On le réchauffe à feu très doux, avec un peu d'eau, en grattant le fond.

Il se fait en grande quantité : un bigos pour quatre n'a pas de sens, il faut la masse pour la lente cuisson.

Un bigos du troisième jour réchauffé une quatrième fois est encore meilleur.

Variantes

Bigos de gibier

Du sanglier ou du chevreuil à la place de l'échine : le bigos de chasse, l'original.

Bigos aux pommes

Deux pommes acides en dés avec les pruneaux : plus doux, la version de certaines familles.

La choucroute d'une heure

Notre choucroute garnie, l'autre couleur de vin.

L'autre plat polonais

Nos pierogi.

Questions fréquentes

Pourquoi trois jours ?

Parce qu'il faut plusieurs cuissons et refroidissements pour que l'acide du chou fermenté, la douceur du chou frais, le fumé des viandes et le sucre du pruneau cessent d'être quatre choses. Au troisième jour, c'est un plat.

Pourquoi deux choux ?

La choucroute donne l'acide, le chou frais la douceur. L'une seule ferait un plat aigre, l'autre seul un plat plat.

Quelles viandes ?

Un mélange : échine de porc pour la chair, poitrine fumée pour le gras, saucisse fumée pour le fumé. Du gibier dans la version de chasse.

Faut-il des champignons secs ?

Oui, et leur eau de trempage filtrée : c'est le fond du bigos, sa profondeur de sous-bois.

Se congèle-t-il ?

Très bien, et les Polonais disent qu'il est meilleur après. Trois mois, en portions.

Quel vin servir avec ?

Un rouge rond et mûr à 16 °C : le temps de cuisson change la couleur du vin, et un chou cuit trois jours a perdu l'acide qui appelait le blanc.

Le poète Mickiewicz consacre au bigos une page entière de Pan Tadeusz, et il en dit l'essentiel : « il se cuit dans les chaudrons, et il faut le temps ». Le bigos est une potée de chou qui se prépare en trois jours, non par coquetterie mais parce que sa chimie le demande : le chou fermenté est acide, le chou frais est doux, les viandes sont fumées et grasses, le pruneau est sucré, et il faut plusieurs cuissons et plusieurs refroidissements pour que tout cela cesse d'être quatre choses et devienne un plat.

Le premier jour, on fait les deux choux séparément. La choucroute crue, 800 g, rincée une fois et pressée, est mise à mijoter dans un peu d'eau avec une feuille de laurier et des baies de genièvre, une heure ; le chou blanc frais, 800 g émincé, est cuit à part dans un bouillon, quarante minutes, jusqu'à tendreté. Pourquoi les deux : la choucroute seule ferait un plat aigre, le chou frais seul un plat plat ; ensemble, l'un donne l'acide et l'autre la douceur. Pendant ce temps, les champignons secs, cèpes ou bolets, 30 g, trempent dans de l'eau tiède, et l'on fait rissoler les viandes : 300 g d'échine de porc en cubes, 300 g de poitrine fumée, 300 g de saucisse fumée en rondelles, avec deux oignons, jusqu'à ce que tout soit brun. On réunit tout dans une grande cocotte, choux, viandes, champignons et leur eau filtrée, 12 pruneaux dénoyautés, une cuillère de concentré de tomate, une de miel, du carvi, du poivre, et un verre de vin rouge, et l'on mijote deux heures à feu doux, à couvert. Puis on éteint, et on laisse refroidir. On peut goûter : c'est bon, mais ce n'est pas encore du bigos.

Le deuxième jour, on réchauffe une heure à feu très doux, on rajoute un peu d'eau si le fond attache, et l'on laisse refroidir. Le troisième jour, on réchauffe encore, et c'est là : le chou a pris la couleur du brun, il est fondant sans être défait, les viandes ont donné leur fumé à tout le plat, l'acide de la choucroute s'est arrondi dans le sucre du pruneau et du miel, et le tout a le goût profond et sombre qui fait qu'un Polonais reconnaît un bon bigos à l'odeur. On le sert avec du pain de seigle, et rien d'autre.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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