UN WOK, OU UNE TRÈS GRANDE POÊLE (L'OUTIL DU PLAT : il chauffe fort et laisse la place de remuer sans tout faire tomber)
une passoire (les udon détachés à l'eau chaude puis égouttés à fond)
un bol (la sauce soja, mirin et vinaigre mélangée à l'avance)
une planche et un couteau qui coupe (tout est taillé avant d'allumer le feu)
une pince ou deux spatules (les nouilles remuées sans les casser)
une râpe fine (le gingembre râpé, pas haché)
👨🍳 L'astuce du chef
Le wok se joue avant le feu. Tout se coupe, se mesure et s'aligne au bord de la plaque avant d'allumer : une fois le wok chaud, le plat se fait en quatre minutes et il n'y a plus une seconde pour émincer une gousse d'ail. C'est la seule discipline de la cuisine sautée, et c'est elle qui sépare un wok net d'une poêlée détrempée.
Feu vif, et peu à la fois. Un wok ou une grande poêle fumante, et des ingrédients jetés par petites quantités : une poêle surchargée perd sa chaleur, les aliments rendent leur eau et bouillent au lieu de saisir. On cuit en deux fois plutôt qu'en une, on réserve, et on réunit tout à la fin.
Les udon, et lesquels acheter. De grosses nouilles de blé blanches, de 4 à 6 mm, sans œuf, à la texture élastique et glissante. Les meilleures sont les surgelées, vendues en portions dans les épiceries japonaises et asiatiques : elles se détachent à l'eau bouillante en une minute et gardent leur mordant. Viennent ensuite les fraîches sous vide, puis les sèches, qui demandent huit minutes de cuisson et restent plus molles. Comptez 100 g de nouilles précuites par personne.
Détachés, égouttés, secoués. Les udon précuits se plongent une minute dans l'eau chaude pour se séparer, puis s'égouttent et se secouent énergiquement : la moindre eau résiduelle dilue la sauce et fait coller les nouilles en paquet. On ne les rince pas à l'eau froide, sauf si on doit attendre plus de cinq minutes, auquel cas on les huile légèrement.
Le poulet, en lanières et saisi seul. 400 g de blancs coupés en lanières d'un centimètre dans le sens contraire des fibres, saisis quatre minutes dans un wok fumant, sans y toucher les deux premières minutes : ils dorent au lieu de blanchir. Puis réservés, et remis à la toute fin, sinon ils cuisent une deuxième fois et deviennent secs. Des cuisses désossées, plus moelleuses, font encore mieux.
La sauce, trois ingrédients mélangés d'avance. Trois cuillères de sauce soja pour le sel et l'umami, deux de mirin pour le sucré et le brillant, une de vinaigre de riz pour la fraîcheur : mélangées dans un bol et versées en une seule fois sur les nouilles chaudes, où elles réduisent en trente secondes et enrobent. Sans mirin, une cuillère de miel et un trait d'eau ; sans vinaigre de riz, du vinaigre de cidre.
Le gingembre râpé, l'ail à la fin. Le gingembre se râpe, il ne se hache pas : râpé, il diffuse son jus dans toute la sauce ; haché, on tombe sur des morceaux fibreux. Ail et gingembre entrent trente secondes seulement avant les nouilles, sinon ils brûlent dans un wok à cette température et donnent de l'amertume.
Les légumes, croquants. Chou émincé et carottes en julienne, trois minutes à feu vif : ils doivent garder du croquant et un peu de couleur, c'est le contraste qui fait le plat face aux nouilles molles. Selon la saison, des poivrons, des champignons shiitake, des pousses de soja jetées les trente dernières secondes, du pak choï.
Les finitions à froid. Huile de sésame, oignons verts et graines de sésame se mettent hors du feu : l'huile de sésame cuite perd son parfum et devient amère, les oignons verts crus apportent le mordant. Un œuf au plat posé dessus, à la japonaise, ou un trait de mayonnaise et des flocons de bonite pour les amateurs.
Les variantes du même wok. Au bœuf émincé, mariné dix minutes dans la sauce ; aux crevettes, jetées deux minutes ; végétarien, avec du tofu ferme doré et des champignons ; en version yaki udon plus sombre, avec une cuillère de sauce d'huître ou de sauce yakisoba. Le geste ne change pas.
Les udon au poulet boivent un blanc sec vif, ou un thé vert grillé. Une sauce salée et légèrement sucrée, du gingembre, du sésame : il faut un blanc sec, vif, sans bois, dont l'acidité passe le soja et dont le fruit rejoint le mirin, un bordeaux blanc sec, un sauvignon ; ou des bulles brut, qui nettoient. Et pour rester dans le plat, un thé vert japonais grillé, servi tiède ou frais, dont le grillé répond au sésame. Pas de rouge tannique, que le soja rend métallique.
Préparation pas à pas
Poulet en lanières de 1 cm ; chou émincé ; carottes en julienne ; oignons verts en tronçons ; ail et gingembre râpés ⏱️ 10 min
Tout coupé avant : le wok ne laisse pas le temps.
Sauce mélangée dans un bol : soja, mirin, vinaigre de riz, poivre ⏱️ 1 min
Une seule sauce, versée en une fois.
Udon détachés 1 min dans l'eau chaude, égouttés et secoués à fond ⏱️ 2 min
Égouttés à fond : mouillés, ils collent et diluent la sauce.
Wok fumant, 1 cuillère d'huile ; poulet saisi 4 min sans le remuer au début, jusqu'à doré ; réservé ⏱️ 4 min
En deux fois si le wok est petit.
Reste d'huile ; chou et carottes jetés à feu vif, 3 min, en remuant : ils restent croquants ⏱️ 3 min
On veut de la couleur, pas de l'eau.
Ail et gingembre ajoutés, 30 s, en remuant sans arrêt ⏱️ 1 min
Trente secondes : au-delà, l'ail brûle et devient amer.
Udon et poulet remis, sauce versée en une fois ; 2 min en remuant à la pince, jusqu'à ce que la sauce nappe ⏱️ 2 min
La sauce doit enrober, pas mouiller le fond.
Hors du feu : oignons verts, huile de sésame, graines de sésame ; servi tout de suite ⏱️ 1 min
L'huile de sésame ne cuit jamais, elle parfume à la fin.
🍷 Le conseil du caviste
Des udon au poulet sautés au wok, sauce soja, mirin et gingembre, légumes croquants et sésame ajouté hors du feu.
Kagoshima, thé vert kuki hojicha japonais à 8 °C, le thé vert grillé du Kyushu, dont le grillé répond au sésame et au soja.
Bordeaux Château Tour de Biot Blanc à 10 °C, le bordeaux blanc sec et vif, sur les udon au poulet du soir de semaine.
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, le crémant brut, dont les bulles nettoient la sauce soja.
Les udon au poulet boivent un blanc sec vif, ou un thé vert grillé : c'est une sauce salée et un peu sucrée, de soja et de mirin, relevée de gingembre râpé et finie à l'huile de sésame, sur des nouilles épaisses et du poulet doré, et il faut un blanc sec, vif, sans bois, dont l'acidité passe le sel du soja, dont le fruit rejoint la douceur du mirin et dont la légèreté ne se bat pas avec le gingembre, un bordeaux blanc sec, un sauvignon ; sur la version très saucée, un crémant brut, dont les bulles nettoient le palais entre deux bouchées ; et pour rester dans l'esprit du plat, un thé vert japonais grillé, servi tiède ou frais, dont les notes de noisette grillée répondent au sésame ; un rouge tannique devient métallique au contact du soja. C'est la règle des plats à la sauce soja : du blanc vif, des bulles, ou du thé, jamais de tanin. Le Kagoshima hojicha, à 8 °C, est l'accord le plus juste ; le Tour de Biot blanc, vif, à 10 °C, le verre de semaine ; et le Tour du Roy brut, à 7 °C, sur la version très saucée. La règle des udon : tout coupé avant, un wok fumant, et une bouteille déjà au frais.
À éviter : un rouge tannique, métallique sur la sauce soja.
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 €Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande
Dépannage
Ça a rendu de l'eau et ça a bouilli
Poêle surchargée ou pas assez chaude. Feu vif, en deux fois, et les légumes bien épongés avant d'entrer dans le wok.
C'est trop salé
Sauce soja non dosée. Une soja claire, 2 cuillères pour 4, et on ne sale pas avant d'avoir goûté : la soja sale déjà.
Les nouilles collent en bloc
Mal égouttées, ou attendues trop longtemps. Détachées à l'eau chaude, secouées à fond, et versées dans le wok tout de suite.
Le poulet est sec
Cuit deux fois. Saisi 4 minutes, réservé, et remis seulement à la fin avec les nouilles.
L'ail a brûlé, c'est amer
Ajouté trop tôt dans un wok très chaud. Ail et gingembre 30 secondes avant les nouilles, pas avant.
Les nouilles se sont cassées
Remuées à la cuillère. Une pince ou deux spatules, et des gestes qui soulèvent au lieu de racler.
Conservation & préparation anticipée
Les udon sautés se gardent 2 jours au réfrigérateur et se réchauffent 3 minutes au wok, à feu vif, avec une cuillère d'eau ; au micro-ondes, ils deviennent mous.
Ils ne se congèlent pas une fois sautés : les nouilles se défont.
Les udon précuits se gardent au congélateur 6 mois et se détachent directement à l'eau bouillante, sans décongeler.
La sauce se prépare à l'avance et se garde 1 mois au réfrigérateur dans un bocal.
Variantes
Le bouillon d'udon
Notre bouillon d'udon, la version en soupe, dashi et nouilles, sans sauté.
Le riz cantonais
Notre riz cantonais, le même geste de wok avec du riz à la place des nouilles.
Le wok de légumes
Notre wok de légumes, pour la version sans viande, même cuisson et même sauce.
Les udon au bœuf et à la sauce d'huître
Les mêmes nouilles avec 400 g de bœuf émincé mariné 10 minutes dans la sauce, et une cuillère à soupe de sauce d'huître ajoutée en fin de cuisson : la version plus sombre et plus ronde, celle des cantines de Tokyo ; elle se boit avec un rouge léger servi frais plutôt qu'avec un blanc.
Questions fréquentes
Quels udon acheter ?
Les surgelés en portions, vendus dans les épiceries japonaises et asiatiques, sont de loin les meilleurs : ils se détachent en une minute à l'eau bouillante et gardent leur élasticité. Viennent ensuite les frais sous vide, puis les sèches, plus mous et plus longs à cuire, huit minutes. Comptez 100 g de nouilles précuites par personne, 80 g de sèches.
Peut-on le faire sans wok ?
Oui, avec la plus grande poêle de la maison, bien chaude, et en cuisant en deux fois. Ce qui compte n'est pas la forme du wok mais la chaleur et la place : une poêle surchargée fait bouillir les aliments au lieu de les saisir. Une sauteuse à fond épais, chauffée à blanc avant de verser l'huile, fait un travail honnête.
Par quoi remplacer le mirin ?
Par une cuillère à soupe de miel ou de sucre avec une cuillère d'eau, ou par du saké doux, ou encore par un vin blanc moelleux avec une pincée de sucre. Le mirin apporte le sucré et le brillant qui font caraméliser la sauce sur les nouilles ; sans rien à la place, le plat est plat et trop salé.
Quelle sauce soja utiliser ?
Une soja japonaise claire, shoyu, moins salée et plus ronde que la chinoise foncée. Trois cuillères pour quatre personnes suffisent, et on ne sale jamais le plat par ailleurs. Pour une version sans gluten, du tamari, qui a le même rôle. La soja sucrée indonésienne, kecap manis, donne un plat beaucoup plus sombre et sucré.
Peut-on le préparer à l'avance ?
La découpe et la sauce, oui, et c'est même l'essentiel du travail : légumes taillés et sauce mélangée se gardent une journée au réfrigérateur. Le saut, non : il dure quatre minutes et se fait au dernier moment. Les restes se réchauffent 3 minutes au wok avec une cuillère d'eau, jamais au micro-ondes.
Quel vin servir avec ?
Un blanc sec vif sans bois, un bordeaux blanc ou un sauvignon à 10 °C, dont l'acidité passe le soja et dont le fruit rejoint le mirin ; un crémant brut à 7 °C sur la version très saucée. Et, pour rester dans le plat, un thé vert japonais grillé à 8 °C, dont le grillé répond au sésame. Pas de rouge tannique, métallique au contact du soja.
Les udon sont les grosses nouilles de blé japonaises, blanches, épaisses comme un crayon, élastiques sous la dent. On les connaît en bouillon, mais au Japon on les saute aussi au wok, à la façon des yaki udon : quelques lanières de poulet, du chou, de la carotte, des oignons verts, et une sauce courte de soja et de mirin qui caramélise sur les nouilles. C'est un plat de vingt minutes, qui tient dans une poêle et qui plaît à toute la table, à condition d'avoir tout coupé avant d'allumer le feu.
Les ingrédients, pour 4 : 400 g d'udon précuits, frais ou surgelés ; 400 g de blancs de poulet ; 200 g de chou blanc ou chinois ; 2 carottes ; 4 oignons verts ; 3 gousses d'ail ; 20 g de gingembre frais ; 3 cuillères à soupe de sauce soja ; 2 cuillères à soupe de mirin ; 1 cuillère à soupe de vinaigre de riz ; 1 cuillère à café d'huile de sésame ; 2 cuillères à soupe d'huile neutre ; graines de sésame ; poivre.
La méthode : légumes taillés, poulet en lanières, sauce mélangée à l'avance ; udon détachés à l'eau chaude, égouttés ; poulet saisi 4 minutes au wok fumant, réservé ; chou et carottes 3 minutes ; ail et gingembre 30 secondes ; udon, poulet et sauce versés, 2 minutes en remuant ; oignons verts, sésame, huile de sésame hors du feu.
Avant de partir
Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.
Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.