Servir un vin sur glace passe encore pour une hérésie chez certains, et pour une évidence sur les terrasses du Sud, où l'usage est ancien. La pratique s'est étendue au vin effervescent et se désigne du même mot : le vin nage.
Il faut dire ce qui se passe vraiment dans le verre, parce que c'est là que tout se décide. Deux phénomènes s'additionnent. Le froid extrême éteint les arômes : c'est de la physique, les composés volatils ne s'échappent plus du liquide. Et la fonte dilue l'acidité et l'alcool. Un vin qui n'a pas grand-chose à dire devient donc de l'eau rosée en quelques minutes.
La conséquence pratique est à rebours de l'intuition : ce n'est pas le moment de sortir la bouteille discrète et élégante qu'on aime déguster à table. C'est le moment de prendre un rosé franc, dont le fruit tient encore quand on lui retire la moitié de ses moyens.
Bien fait, c'est l'apéritif d'été le plus simple qui soit : deux gestes, un verre qui reste froid vingt minutes, et un degré d'alcool réel nettement plus bas qu'un verre de vin nature.









