UNE MANDOLINE POUR LES POMMES (LE GESTE DU PLAT : 3 mm, elles cuisent en 9 minutes sur la pâte)
une pierre à pizza préchauffée 45 min à 280 °C (le choc thermique fait souffler la couronne)
une petite casserole à fond épais (le caramel au beurre salé, d'avance)
un pinceau (le beurre sur la pâte et sur les pommes)
une pelle à pizza farinée de riz (garnie dessus, glissée d'un coup)
les doigts (l'étirage, puis les lamelles posées en éventail)
👨🍳 L'astuce du chef
Les pommes en lamelles de 3 mm. À la mandoline ou au couteau fin : assez fines pour cuire en 9 minutes sur la pâte sans précuisson, assez épaisses pour rester entières et fondantes. Plus épaisses, elles restent croquantes et crues ; plus fines, elles sèchent en chips.
Des pommes fermes et acidulées. Reine des reinettes, boskoop, granny smith : elles tiennent à la cuisson et leur acidité répond au caramel. Une golden fond en compote et sucre trop. Citronnées après la coupe, elles ne noircissent pas.
En éventail, se chevauchant à moitié. Les lamelles posées en rangs qui se chevauchent à moitié, comme sur une tarte fine : elles cuisent uniformément, les bords exposés dorent, et c'est joli. Empilées, elles cuisent à la vapeur et restent pâles.
Beurrées et sucrées, deux fois. Le beurre fondu au pinceau et le sucre sur la pâte, qui la font briocher ; puis le beurre au pinceau, le sucre et la cannelle sur les pommes, qui les font caraméliser au four. Sans beurre ni sucre, les pommes cuisent sans dorer.
La cannelle, une pincée. Une cuillère à café pour trois pinsas, mêlée au sucre : le parfum de la tarte aux pommes, sans dominer. Ceux qui n'aiment pas la cannelle la remplacent par de la vanille ou un zeste de citron.
9 minutes, pommes caramélisées. Bords de la pâte soufflés et tachés, lamelles fondantes, dorées, brunies aux bords, le sucre caramélisé sur les pommes. Une minute de plus, et le sucre noircit.
Le caramel au beurre salé, d'avance et à la sortie. 100 g de sucre fondus à sec dans une casserole à fond épais jusqu'à l'ambre, le beurre demi-sel hors du feu, puis la crème chaude en remuant, lissé et refroidi : un caramel au beurre salé qui se garde 1 semaine. Versé en filet sur la pinsa brûlante à la sortie, où il fond et nappe ; au four, il brûle. Un caramel du commerce fait l'affaire.
Le sel du caramel. Le beurre demi-sel, ou une pincée de fleur de sel dans un caramel au beurre doux : c'est ce qui empêche le dessert d'être plat et sucré, et ce qui fait la différence avec une tarte aux pommes d'enfant.
2 heures à température pour la pâte. Sortis du froid, les pâtons sont fermes ; 2 heures à 20 °C sous un linge, ils redeviennent souples, bullent, et s'étirent sans revenir. Une pâte froide étirée de force cuit dense.
Étirée à la main dans la farine de riz. Du centre vers les bords, du bout des doigts, le gaz poussé dans la couronne, en ovale de 30 sur 20 cm : la couronne souffle au four. Le rouleau chasse tout et donne une galette.
Garnie sur la pelle, vite. La pinsa se pose sur la pelle farinée de riz, se garnit en 2 minutes, et glisse d'un coup sec sur la pierre ; une pinsa qui attend colle et se déforme.
Les noix et la crème fouettée. Des cerneaux de noix grillés au four avec les pommes, pour le croquant ; une cuillerée de crème fouettée ou une boule de glace vanille sur chaque part tiède : la Tatin à la mode de Rome.
Servie tiède. Tiède, les pommes fondantes, le caramel coulant, la crème froide : c'est le moment. Froide, elle reste bonne, comme une tarte fine.
Pomme caramélisée et cannelle se boivent moelleux : le sucre du verre au niveau du sucre de l'assiette. La pomme caramélisée est sucrée et acidulée, le caramel au beurre salé est sucré et gras, la cannelle est chaude ; un vin sec est rendu aigre et maigre par le sucre. Il faut un vin au moins aussi sucré que le dessert : un moelleux de Bergerac ou un demi-sec de Gascogne, frais, dont le sucre rejoint le caramel et dont l'acidité rejoint la pomme, l'accord de la tarte Tatin et des vins doux du Sud-Ouest ; ou un crémant demi-sec, dont les bulles allègent. Un cidre doux fait la même chose, avec la pomme dans le verre.
Préparation pas à pas
Caramel : 100 g de sucre fondus à sec jusqu'à l'ambre, beurre demi-sel puis crème chaude hors du feu, lissé ⏱️ 8 min
D'avance, il se garde 1 semaine.
Pierre au four à 280 °C, 45 min ; pâtons sortis 2 h avant ⏱️ 45 min
Le four chauffe, la pâte se détend.
Pommes pelées, épépinées, en lamelles de 3 mm à la mandoline, citronnées ⏱️ 6 min
3 millimètres : elles cuisent sur la pâte sans précuisson.
Pâton étiré à la main dans la farine de riz, ovale de 30 × 20 cm ; sur la pelle ⏱️ 3 min
Le gaz poussé vers les bords, jamais de rouleau.
Surface piquée ; beurre fondu au pinceau ; 1 c. à s. de sucre semée ⏱️ 1 min
La pâte brioche au four.
Lamelles de pommes en éventail, se chevauchant à moitié ; beurre au pinceau, sucre et cannelle par-dessus ⏱️ 3 min
Beurrées et sucrées, elles caramélisent.
Glissée sur la pierre, 9 min : pommes fondantes, dorées et caramélisées aux bords ⏱️ 9 min
Les bords des lamelles brunissent.
Caramel au beurre salé versé en filet à la sortie ; noix, crème fouettée ; coupée en 6, servie tiède ⏱️ 1 min
Le caramel à la sortie : au four, il brûle.
🍷 Le conseil du caviste
Une pinsa sucrée aux pommes caramélisées, pâte beurrée, pommes en éventail caramélisées à la cannelle, caramel au beurre salé à la sortie.
Château du Rooy Rosette à 9 °C, le moelleux de Bergerac, sur la pinsa aux pommes tiède.
Villa Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne à 9 °C, le demi-sec de Gascogne, sur la version à la crème fouettée.
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, le crémant demi-sec, sur la pinsa du goûter d'automne.
Pomme caramélisée et cannelle se boivent moelleux, parce que le sucre du verre doit être au niveau du sucre de l'assiette : la pomme caramélisée est sucrée et acidulée, le caramel au beurre salé est sucré et gras, la cannelle est chaude, et un vin sec, blanc ou rouge, est rendu aigre et maigre par le sucre du dessert, la règle de tous les desserts ; il faut un vin au moins aussi sucré que l'assiette, un moelleux de Bergerac ou un demi-sec de Gascogne servi frais, dont le sucre rejoint le caramel et dont l'acidité rejoint la pomme, l'accord de la tarte Tatin et des vins doux du Sud-Ouest depuis toujours, ou un crémant demi-sec, dont les bulles allègent le caramel et dont le sucre discret suit la pomme. C'est la règle des desserts aux pommes : du doux, et de l'acidité dans le doux. La Rosette du Château du Rooy, un moelleux de Bergerac, à 9 °C, est le verre de cette pinsa aux pommes tiède ; le Jardin Secret de Villa Dria, un demi-sec de Gascogne, à 9 °C, sur la version à la crème fouettée ; et le Tour du Roy demi-sec, un crémant de Bordeaux, à 7 °C, sur la pinsa du goûter d'automne. La règle de la pinsa aux pommes : la pomme caramélisée veut du doux, et le Bergeracois en a.
À éviter : tout vin sec, rendu aigre et maigre par le caramel et le sucre.
Les bouteilles de la cave
La sélection du caviste pour cette recette, en stock.
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Dépannage
Les pommes sont crues et croquantes
Lamelles trop épaisses, ou empilées. 3 millimètres à la mandoline, en éventail se chevauchant à moitié.
Les pommes sont pâles, sans caramel
Pas beurrées ni sucrées. Beurre au pinceau, sucre et cannelle sur les pommes avant le four.
Le caramel a brûlé sur la pinsa
Versé avant le four. À la sortie, en filet, sur la pinsa brûlante.
Le caramel a cristallisé dans la casserole
Remué pendant que le sucre fond. Le sucre fondu à sec sans remuer, la casserole juste inclinée, jusqu'à l'ambre.
Les pommes ont fondu en compote
Pommes trop mûres ou trop douces. Des reinettes, des boskoop ou des granny, fermes.
Les bords ne soufflent pas
Pâte froide, rouleau, ou pierre tiède. 2 heures à température, les doigts, 45 minutes de préchauffage à 280 °C.
Conservation & préparation anticipée
Une pinsa aux pommes se mange tiède, dans les 15 minutes ; froide, elle reste bonne, comme une tarte fine, et se garde 1 jour.
Réchauffée 3 minutes sur la pierre chaude, elle retrouve son croquant ; jamais au micro-ondes.
Le caramel au beurre salé se garde 1 semaine au réfrigérateur dans un bocal, et se réchauffe 20 secondes au bain-marie ; les pommes se coupent au dernier moment, citronnées.
Elle se congèle cuite, sans le caramel, 1 mois ; 5 minutes à 220 °C sans décongeler, et le caramel après.
Des poires fermes en lamelles de 3 mm à la place des pommes, cuites de même avec le beurre et le sucre, et à la sortie 60 g de chocolat noir en copeaux qui fondent sur les poires chaudes, des amandes effilées grillées, et pas de caramel : la poire Belle-Hélène en pinsa ; elle se boit moelleux aussi, ou un thé noir.
Questions fréquentes
Quelles pommes choisir ?
Des pommes fermes et acidulées, qui tiennent à la cuisson et répondent au caramel : reine des reinettes, boskoop, granny smith, ou une belle de Boskoop du marché. Les golden et les gala, douces et fondantes, se défont en compote et sucrent trop. Trois pommes moyennes pour trois pinsas.
Faut-il précuire les pommes ?
Non : en lamelles de 3 mm à la mandoline, beurrées et sucrées, elles cuisent en 9 minutes sur la pâte à 280 °C, fondantes et caramélisées aux bords. C'est l'épaisseur qui fait tout ; en quartiers ou en lamelles épaisses, elles resteraient crues.
Peut-on la faire sans caramel ?
Oui : les pommes beurrées, sucrées et cannelées caramélisent déjà au four, et la pinsa est bonne avec seulement un peu de sucre glace et de la crème fouettée, plus légère. Le caramel au beurre salé la fait basculer vers la Tatin ; un filet de miel ou de confiture d'abricot fondue est un entre-deux.
Peut-on la préparer à l'avance ?
Le caramel se fait 1 semaine avant ; la pinsa se cuit 1 heure avant et se sert tiède, ou se réchauffe 3 minutes sur la pierre ; le caramel se verse au moment de servir. Froide, elle reste bonne, comme une tarte fine aux pommes.
Peut-on la faire sans pierre à pizza ?
Avec une plaque de four épaisse, retournée et préchauffée 45 minutes au maximum du four : presque aussi bien. Une plaque fine et froide donne une pinsa pâle et molle, en 15 minutes. La pierre, ou une plaque d'acier, garde la chaleur et sèche le dessous en secondes : c'est ce qui fait la pinsa.
Quel vin servir avec ?
Un moelleux de Bergerac ou un demi-sec de Gascogne à 9 °C, dont le sucre rejoint le caramel et dont l'acidité rejoint la pomme, l'accord de la Tatin ; ou un crémant demi-sec à 7 °C au goûter. Jamais de vin sec, rendu aigre et maigre par le sucre du dessert.
La pinsa aux pommes est la pinsa dolce de l'automne, celle que les pinserie de Rome font quand les fraises sont finies : des lamelles de pomme en éventail sur la pâte beurrée, qui cuisent et caramélisent en 9 minutes, de la cannelle, et un caramel au beurre salé versé à la sortie. C'est une tarte fine aux pommes qui se fait avec le pâton qui reste, et elle plaît aux enfants comme à ceux qui aiment la tarte Tatin.
La pâte : 3 pâtons de 250 g de notre pâte à pinsa romaine, ou de la version express en 24 heures, revenus 2 heures à température. Les pommes : 3 pommes fermes et acidulées, reine des reinettes, boskoop ou granny, pelées, en lamelles de 3 mm, citronnées. La cuisson : 60 g de beurre fondu, 4 cuillères à soupe de sucre, 1 cuillère à café de cannelle. Le caramel : 100 g de sucre, 40 g de beurre demi-sel, 10 cl de crème, ou 6 cuillères de caramel au beurre salé du commerce. Le reste : 60 g de noix ou de noisettes, facultatif, et 150 g de crème fouettée ou une boule de glace vanille.
La méthode : caramel préparé d'avance ; pierre préchauffée 45 minutes à 280 °C ; pâtons étirés à la main en ovales de 30 sur 20 cm ; surface piquée, beurre au pinceau, sucre ; lamelles de pommes en éventail, beurre, sucre et cannelle par-dessus ; 9 minutes sur la pierre ; caramel versé à la sortie, noix, crème fouettée. Coupée en 6, servie tiède.
Avant de partir
Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.
Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.