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Armagnac

Eau-de-vie de vin de Gascogne, entre Garonne, Atlantique et Pyrénées, vieillie au moins un an en fût de chêne. L'eau ardente y est décrite dès 1310.

Région
Sud-Ouest
Pays
France
Protégée depuis
12/06/1989
Superficie du vignoble
environ 2 105 hectares
Couleurs et styles
Eau-de-vie de vin
Dossier européen
PGI-FR-02032

Le terroir

L'aire se trouve en Gascogne, entre la Garonne au nord, l'océan Atlantique à l'ouest et les Pyrénées au sud. Elle recoupe le Gers (245 communes), les Landes (29 communes) et le Lot-et-Garonne (18 communes).

Le climat passe peu à peu d'une forte influence océanique à l'ouest à un climat plus continental à l'est. À l'ouest, la pluie tombe en abondance toute l'année. À l'est, l'été est sec jusqu'aux orages de fin de saison.

Le sous-sol suit le même passage. À l'ouest dominent les Sables fauves, qui portent des sols limoneux et acides, les boulbènes. Vers l'est, la molasse prend le relais, avec des sols argileux et profonds, les terreforts, ou caillouteux et calcaires, les peyrusquets. Les trois dénominations, Bas Armagnac, Armagnac Ténarèze et Haut Armagnac, se succèdent d'ouest en est. La vigne y est souvent minoritaire, entre les bois et la polyculture.

L’appellation

L'Armagnac est une appellation d'origine contrôlée d'eau-de-vie de vin. Son nom peut être complété par trois dénominations géographiques, qui se succèdent d'ouest en est : Bas Armagnac, Armagnac Ténarèze et Haut Armagnac. Elles correspondent à des milieux naturels distincts. La mention Blanche Armagnac désigne une eau-de-vie restée incolore.

Les vins viennent de dix cépages : baco blanc, blanc dame, colombard, folle blanche, graisse, jurançon, mauzac, mauzac rose, meslier saint-françois et ugni blanc. Ils titrent de 7,5 à 12 % vol. naturels. Le sulfitage est interdit, et la distillation doit être achevée le 31 mars qui suit la récolte. Elle se fait à l'alambic armagnacais, en continu, ou à l'alambic à repasse, toujours chauffé à feu nu. Chaque atelier doit faire tourner au moins un alambic armagnacais. L'eau-de-vie en sort entre 52 et 72,4 % vol. Ce degré, relativement faible, garde beaucoup de substances volatiles. Il donne au nez l'intensité, et en bouche la puissance et la longueur.

L'appellation est réservée aux eaux-de-vie vieillies sous bois ou laissées au repos en récipients inertes, sauf pour l'industrie et les produits composés. L'Armagnac vieillit au moins un an en fût de chêne sessile, pédonculé ou de leur croisement. Jeune, il est chaleureux, sur les fruits frais, les fleurs et le bois. Âgé, il devient plus rond et plus ample, sur les fruits cuits ou confits, les épices et le rancio. Sa robe passe du jaune pâle à l'orangé, à l'ambré puis à l'acajou. Il titre au moins 40 % vol. à la vente.

Servez-le à température de la pièce, dans un verre tulipe plutôt qu'un ballon.

Histoire et évolutions

La vigne s'installe en Gascogne à l'époque gallo-romaine et se développe tout au long du Moyen Âge. En 1310, Vital Dufour, prieur d'Eauze, décrit les 40 vertus de l'aygue ardente, l'eau ardente. En 1373, le privilège de Bordeaux interdit aux vins du haut pays, dont la Gascogne, d'accéder au port de Bordeaux avant Noël. La distillation des vins blancs se développe alors. Elle conserve les vins et réduit le coût du transport.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le commerce avec les Hollandais fait grimper la production. Les marchés de Mont-de-Marsan et d'Aire-sur-l'Adour se développent. Le vieillissement sous bois apparaît peu à peu. Jusqu'au XVIIIe siècle, on distille dans des chaudières à repasse. En 1814, Tuilière dépose à Auch le brevet d'un alambic à marche continue. Au XIXe siècle, la distillation continue l'emporte, dans des alambics à colonne qui prennent le nom d'alambic armagnacais.

La folle blanche et le colombard dominent alors. Après le phylloxéra, greffés, ils deviennent plus fragiles et l'ugni blanc arrive dans la région. En 1898, l'ampélographe landais François Baco sélectionne le baco blanc, très résistant aux maladies et bien adapté aux sables et aux boulbènes.

Un décret du 25 mai 1909 délimite la zone de production et ses trois mentions, Bas Armagnac, Armagnac Ténarèze et Haut Armagnac. Le décret du 6 août 1936 reconnaît l'appellation d'origine contrôlée. En 1941 naît un bureau de répartition des vins et eaux-de-vie d'Armagnac, qui devient en 1946 le Bureau national interprofessionnel de l'Armagnac. Le décret du 27 mai 2005 reconnaît la mention Blanche Armagnac, une eau-de-vie qui repose au moins trois mois en récipient inerte et reste incolore.

Le nom figure dans le règlement (CEE) n° 1576/89 du 29 mai 1989 sur les boissons spiritueuses, avec le Bas-Armagnac, le Haut-Armagnac et la Ténarèse. En 2012, l'appellation produit 19 000 hl d'alcool pur. La plupart des vignerons font alors appel à des distillateurs ambulants. En 2014, un nouveau cahier des charges, homologué par le décret n° 2014-1642 du 26 décembre 2014, réunit tout dans une seule appellation. Les trois noms deviennent des dénominations géographiques complémentaires et la Blanche Armagnac une mention. Le texte en vigueur est homologué par l'arrêté du 27 mars 2025, publié au Journal officiel le 30 mars 2025. Une demande de modification est soumise à la procédure nationale d'opposition en juin 2026.

D’après le cahier des charges officiel de l’appellation. Recoupé avec info.agriculture.gouv.fr, fr.wikipedia.org, inao.gouv.fr, publications.europa.eu, info.agriculture.gouv.fr.

Les cépages

Cahier des charges en vigueur homologué le 27/03/2025

Raisin blancRaisin rose

Les régions de l’appellation (3)

Les plantes autorisées (10)

  • Baco blanc
  • Blanc dame
  • Colombard
  • Folle blanche
  • Graisse
  • Jurançon
  • Mauzac
  • Mauzac rose
  • Meslier saint-françois
  • Ugni blanc

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