Pinsa aux cèpes ovale sur une planche en bois, blanche, lamelles de cèpes sautés dorés, persillade, mozzarella fondue, copeaux de parmesan, cèpes frais entiers derrière, bords soufflés et tachés, table de ferme d'automne, lumière basse

Plat principal

Pinsa aux cèpes : la recette romaine à la persillade du Périgord

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 16 min
  • Repos : 2 h
  • Élevé
  • 3 pinsas, 3 à 6 personnes
  • Facile
  • Automne
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Ingrédients

3 pinsas, 3 à 6 personnes

Ustensiles

  • UNE POÊLE LARGE ET UNE BROSSE POUR LES CÈPES (L'ÉTAPE DU PLAT : brossés, jamais lavés, sautés à feu vif en une couche)
  • une pierre à pizza préchauffée 45 min à 280 °C (le choc thermique fait souffler la couronne)
  • un couteau (les cèpes en lamelles de 5 mm, chapeau et pied)
  • une planche et un couteau (la persillade hachée fin)
  • une pelle à pizza farinée de riz (garnie dessus, glissée d'un coup)
  • un économe (le parmesan en copeaux, à la sortie)

L'astuce du chef

Les cèpes brossés, jamais lavés. Un cèpe est une éponge : lavé, il boit l'eau et ne dore plus, il bout. On le brosse, on gratte le pied au couteau, on essuie le chapeau d'un linge humide, et c'est tout. Un cèpe véreux se jette ; un cèpe mou aussi.

En lamelles de 5 mm, chapeau et pied. Assez épaisses pour rester charnues et se sentir sous la dent, assez fines pour dorer en 6 minutes. Le pied, ferme et parfumé, se coupe comme le chapeau ; on ne le jette pas.

Sautés à feu vif, en une couche, salés à la fin. Dans une poêle large et brûlante, une seule couche de lamelles, sans les toucher les 2 premières minutes, puis retournées : elles dorent, perdent leur eau, se concentrent. Entassées, elles bouillent et restent grises. Le sel à la fin, sinon il fait sortir l'eau. Une graisse de canard à la place de l'huile fait la version périgourdine.

La persillade à la fin, 1 minute. L'ail et le persil hachés fin jetés dans la poêle dans la dernière minute, hors du feu vif : ils parfument sans brûler. L'ail cru sur la pinsa brûle au four ; l'ail mis au départ dans la poêle brûle avant que les cèpes ne dorent. C'est la persillade du Périgord, et c'est la minute qui compte.

Refroidis sur une assiette. Les cèpes sautés étalés sur une assiette 5 minutes : la vapeur s'échappe, et ils arrivent secs sur la pinsa. Dans la poêle, ils continuent de cuire et de rendre leur jus.

Pas de tomate, peu de fromage. Un voile d'huile sur la pâte, 80 g de mozzarella en morceaux, et c'est tout : rien ne doit couvrir le cèpe, ni la tomate, ni un fromage fort. Le parmesan en copeaux à la sortie, pour le sel et l'umami, sans le cuire.

Les cèpes par-dessus. Répartis sur la mozzarella, en dernier, en une couche : ils grillent encore un peu au four, restent visibles et dorés. Sous le fromage, ils ramollissent et on ne les voit plus.

Les cèpes séchés ou surgelés, hors saison. 150 g de cèpes séchés réhydratés 30 minutes dans l'eau tiède, égouttés et pressés, puis sautés de même, avec 2 cuillères de leur eau filtrée réduites dans la poêle : moins charnus, plus parfumés. Les surgelés, sautés sans décongeler jusqu'à ce que l'eau soit partie, sont honnêtes. Les cèpes en bocal à l'huile, égouttés, dépannent.

2 heures à température pour la pâte. Sortis du froid, les pâtons sont fermes ; 2 heures à 20 °C sous un linge, ils redeviennent souples, bullent, et s'étirent sans revenir. Une pâte froide étirée de force cuit dense.

Étirée à la main dans la farine de riz. Du centre vers les bords, du bout des doigts, le gaz poussé dans la couronne, en ovale de 30 sur 20 cm : la couronne souffle au four. Le rouleau chasse tout et donne une galette.

Garnie sur la pelle, vite. La pinsa se pose sur la pelle farinée de riz, se garnit en 2 minutes, et glisse d'un coup sec sur la pierre ; une pinsa qui attend colle et se déforme.

9 minutes, cèpes qui grésillent. Bords soufflés et tachés, mozzarella en flaques, cèpes dorés qui grésillent et brunissent aux bords. Une minute de plus, et ils sèchent.

L'huile de noix et le persil frais à la sortie. Un filet d'huile de noix, la seule huile qui aille au cèpe dans le Périgord, un tour de poivre et une pincée de persil frais : c'est la finition de l'omelette aux cèpes, et elle vaut pour la pinsa.

Le cèpe se boit rouge du Périgord au nez de sous-bois, ou blanc rond. Le cèpe sauté est le champignon le plus parfumé, terreux, noisette, presque viandé ; sans tomate, cette pinsa accepte un rouge avec de la structure, et elle veut un rouge du Périgord ou de Bergerac, mûr, aux tanins fondus, au nez de sous-bois et de truffe, servi à 16 °C, dont le parfum rejoint celui du cèpe : c'est l'accord du Périgord d'octobre. Ou un blanc rond et mûr, sans acidité marquée, dont le gras rejoint le cèpe et le fromage. Un rouge léger et acide est perdu ; un blanc vif est aigre ; un rouge boisé écrase le cèpe.

Préparation pas à pas

  1. La veille : mozzarella déchirée, égouttée une nuit dans une passoire 3 min

    Une mozzarella mouillée noie la pinsa.

  2. Pierre au four à 280 °C, 45 min ; pâtons sortis 2 h avant 45 min

    Le four chauffe, la pâte se détend.

  3. Cèpes brossés, pied gratté, en lamelles de 5 mm ; persillade hachée 8 min

    Jamais lavés : le cèpe boit l'eau et ne dore plus.

  4. Cèpes sautés 6 min à feu vif en une couche, salés à la fin ; persillade 1 min ; refroidis sur une assiette 8 min

    Dorés et secs, la persillade juste parfumée.

  5. Pâton étiré à la main dans la farine de riz, ovale de 30 × 20 cm ; sur la pelle 3 min

    Le gaz poussé vers les bords, jamais de rouleau.

  6. Voile d'huile sur la pâte, pas de tomate ; mozzarella en morceaux ; cèpes PAR-DESSUS 2 min

    Rien ne couvre le cèpe.

  7. Glissée sur la pierre, 9 min : cèpes qui grésillent, bords tachés, fromage en flaques 9 min

    Le parfum de sous-bois envahit la cuisine.

  8. Copeaux de parmesan, huile de noix, poivre, persil frais à la sortie ; coupée en 6 1 min

    Servie brûlante, sans attendre.

Le conseil du caviste

Une pinsa aux cèpes, blanche, cèpes frais sautés à feu vif, persillade, mozzarella et copeaux de parmesan, huile de noix.

Château les Farcies du Pech Pécharmant à 16 °C, le pécharmant au nez de sous-bois, sur la pinsa aux cèpes frais, l'accord du Périgord.

Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, le bergerac rouge, sur la pinsa aux cèpes surgelés ou séchés, de tous les jours.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 10 °C, le blanc rond et mûr, pour ceux qui boivent blanc sur le cèpe.

Le cèpe se boit rouge du Périgord au nez de sous-bois, ou blanc rond : le cèpe sauté à feu vif est le champignon le plus parfumé, terreux, noisette, presque viandé, et sur une pinsa blanche, sans l'acidité de la tomate qui interdit le tanin, il accepte un rouge avec de la structure, un rouge du Périgord ou de Bergerac, mûr, aux tanins fondus, au nez de sous-bois et de truffe, servi à 16 °C, dont le parfum rejoint celui du cèpe et dont la rondeur passe le fromage, l'accord du Périgord d'octobre, celui de l'omelette aux cèpes et du confit ; ou un blanc rond et mûr, sans acidité marquée, dont le gras rejoint le cèpe et dont la note de noisette rejoint l'huile de noix ; un rouge léger et acide est perdu sous le cèpe, un blanc vif et acide est aigre dessus, et un rouge boisé écrase le parfum du champignon, qui est tout le plat. C'est la règle du cèpe : le sous-bois dans le verre, jamais le bois. Le Pécharmant des Farcies du Pech, au nez de sous-bois, à 16 °C, est le verre de cette pinsa aux cèpes frais, l'accord du Périgord ; le Bergerac du Domaine de Mayat, à 15 °C, sur la pinsa aux cèpes surgelés ou séchés, de tous les jours ; et le Magie d'Automne blanc de Moulin Caresse, rond et mûr, à 10 °C, pour ceux qui boivent blanc sur le cèpe. La règle de la pinsa aux cèpes : le cèpe appelle le sous-bois, et le Périgord répond.

À éviter : un rouge boisé, qui écrase le cèpe, et un blanc vif, aigre dessus.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les cèpes sont gris et mous, la pâte est mouillée

Lavés, ou entassés dans la poêle, ou salés au départ. Brossés, une couche à feu vif, le sel à la fin, refroidis sur une assiette.

L'ail est brûlé et amer

Mis au départ, ou cru sur la pinsa. Dans la poêle 1 minute à la fin, avec le persil.

Les cèpes sont visqueux

Vieux, ou mouillés, ou cuits à feu doux. Des cèpes fermes, à feu vif, sans couvercle.

On ne sent pas le cèpe

Trop de fromage, ou tomate. 80 g de mozzarella, pas de tomate, le parmesan en copeaux à la sortie, et l'huile de noix.

Les cèpes ont séché sur la pinsa

Trop cuits à la poêle, ou 10 minutes au four. 6 minutes à la poêle, 9 au four, pas plus.

Les bords ne soufflent pas

Pâte froide, rouleau, ou pierre tiède. 2 heures à température, les doigts, 45 minutes de préchauffage à 280 °C.

Conservation & préparation anticipée

Une pinsa aux cèpes se mange dans les 10 minutes, brûlante, le parfum encore là.

Les restes se gardent 1 jour au réfrigérateur et se réchauffent 4 minutes sur la pierre chaude ou dans une poêle sèche couverte, jamais au micro-ondes.

Les cèpes sautés se gardent 2 jours au réfrigérateur ; les cèpes frais crus, 2 jours dans un panier au frais, jamais dans un sac plastique ; les séchés, des mois.

Les bases cuites à blanc 7 minutes se congèlent 2 mois et se garnissent congelées.

Variantes

La pâte à pinsa romaine

Notre pâte à pinsa romaine, la base de cette recette, 72 heures au froid.

Les cèpes à la bordelaise

Nos cèpes à la bordelaise, la poêlée de cèpes de cette pinsa, servie seule.

La pinsa aux champignons et au taleggio

Notre pinsa aux champignons et au taleggio, la version aux champignons de Paris et au fromage lombard.

La pinsa aux cèpes et au magret

Les mêmes cèpes sautés, et 5 tranches de magret séché par pinsa posées à la sortie du four, en vagues : le cèpe et le canard, l'accord d'octobre du Périgord, sur une pinsa ; elle se boit pécharmant à 16 °C, et rien d'autre.

Questions fréquentes

Faut-il laver les cèpes ?

Non, jamais : le cèpe est une éponge, et lavé il boit l'eau et ne dore plus, il bout et devient visqueux. On le brosse, on gratte le pied au couteau, on essuie le chapeau d'un linge humide. Un cèpe véreux ou mou se jette.

Peut-on utiliser des cèpes séchés ou surgelés ?

Oui : 150 g de cèpes séchés réhydratés 30 minutes dans l'eau tiède, pressés et sautés de même, avec un peu de leur eau filtrée réduite dans la poêle, sont moins charnus mais très parfumés ; les surgelés, sautés sans décongeler jusqu'à ce que l'eau soit partie, sont honnêtes. Les cèpes frais d'octobre restent la pinsa des grands soirs.

Pourquoi la persillade à la fin ?

Parce que l'ail haché brûle en 2 minutes à feu vif et devient amer, et que le persil cuit perd son parfum : jetés dans la poêle dans la dernière minute, hors du feu fort, ils parfument juste. C'est la règle de toutes les persillades du Périgord, sur les cèpes comme sur les pommes sarladaises.

Peut-on la préparer à l'avance ?

Les cèpes sautés à la persillade se gardent 2 jours au réfrigérateur ; la mozzarella égoutte la veille ; la pinsa se garnit en 2 minutes et cuit en 9. Cuite, elle se mange brûlante, le parfum du cèpe ne se réchauffe pas bien.

Peut-on la faire sans pierre à pizza ?

Avec une plaque de four épaisse, retournée et préchauffée 45 minutes au maximum du four : presque aussi bien. Une plaque fine et froide donne une pinsa pâle et molle, en 15 minutes. La pierre, ou une plaque d'acier, garde la chaleur et sèche le dessous en secondes : c'est ce qui fait la pinsa.

Quel vin servir avec ?

Un rouge du Périgord mûr et au nez de sous-bois, un pécharmant à 16 °C, dont le parfum rejoint celui du cèpe, ce que l'absence de tomate permet ; ou un blanc rond et mûr pour ceux qui boivent blanc. Pas de rouge boisé, qui écrase le cèpe, ni de blanc vif, aigre dessus.

Le cèpe de Bordeaux, le roi des champignons, se cuisine dans le Périgord depuis toujours de la même façon, sauté à feu vif dans l'huile ou la graisse, avec une persillade à la fin ; sur une pâte à pinsa, avec de la mozzarella et du parmesan, il fait la pinsa d'octobre, la plus parfumée de toutes, celle qu'on fait le soir où on est revenu du bois avec un panier. Elle demande des cèpes frais et fermes, et rien d'autre.

La pâte : 3 pâtons de 250 g de notre pâte à pinsa romaine, ou de la version express en 24 heures, revenus 2 heures à température. Les cèpes : 450 g de cèpes frais, fermes, brossés et non lavés, en lamelles de 5 mm, sautés 6 minutes à feu vif dans 3 cuillères d'huile d'olive ou de graisse de canard, salés à la fin ; ou 150 g de cèpes séchés réhydratés, ou des cèpes surgelés sautés sans décongeler. La persillade : 3 gousses d'ail et un bouquet de persil plat, hachés fin, dans la poêle 1 minute à la fin. Le reste : 240 g de mozzarella fior di latte égouttée, 60 g de parmesan en copeaux, huile d'olive ou d'huile de noix pour finir, poivre.

La méthode : cèpes sautés à la persillade d'avance ; pierre préchauffée 45 minutes à 280 °C ; pâtons étirés à la main en ovales de 30 sur 20 cm ; un voile d'huile, mozzarella, cèpes par-dessus ; 9 minutes sur la pierre ; copeaux de parmesan, huile de noix, poivre et persil frais à la sortie. Coupée en 6, servie brûlante.

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