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Cidre Cotentin

Un cidre bouché du nord de la Manche, où dominent les pommes amères. Sa robe va du jaune paille à l'orangé, son amertume reste fraîche.

Pays
France
Protégée depuis
14/10/2016
Couleurs et styles
Cidre

Le terroir

L'aire occupe la moitié nord de la Manche et se confond presque avec la péninsule du Cotentin. Le sous-sol appartient pour l'essentiel au Massif armoricain, avec des schistes, des grès et des granits. Une petite bande au nord-est repose sur les calcaires du Bassin parisien. Le paysage est fait de bas plateaux ondulés, sous 170 mètres d'altitude, quadrillés de haies.

Le climat est très océanique. Il pleut plus de 150 jours par an, de 900 à 1 000 mm en moyenne. Les gelées sont rares. Les vents d'ouest sont fréquents et parfois violents. Les vergers sont donc plantés à l'écart de la côte, sur des parcelles closes de haies. Les fruits y mûrissent sur l'arbre sans tomber trop tôt. Les sols sont variés, profonds et bien drainés, jamais sableux.

Au moins 70 % de la surface du verger porte des variétés amères ou douces-amères. Les variétés principales en couvrent au moins 60 %. Les variétés non listées, plantées en haute tige, sont admises sur 20 % au plus. L'irrigation est interdite dès l'entrée en production.

L’appellation

Le Cidre Cotentin, ou Cotentin, est un cidre effervescent. Sa mousse naît en bouteille. Il n'est ni pasteurisé ni gazéifié. Il est fait de pur jus de pommes à cidre de variétés traditionnelles, venues de vergers identifiés de l'aire.

Sa robe va du jaune paille au jaune orangé. Son effervescence est fine. Le nez est subtil, souvent sur le beurre et l'herbe sèche. En bouche, les saveurs amères dominent. Une acidité discrète leur apporte de la fraîcheur. La mention extra-brut désigne un cidre plus tannique, à l'amertume plus nette.

La première fermentation se fait sans levures sèches ajoutées. La pasteurisation est interdite, comme l'ajout d'eau ou de colorants. Six semaines au moins séparent le pressurage de la mise en bouteille. La prise de mousse dure ensuite au moins huit semaines. Chaque cuvée compte au moins 60 % de variétés principales.

Le cidre titre plus de 3,5 % d'alcool acquis et plus de 5,5 % d'alcool total. Il garde plus de 18 et au plus 35 grammes de sucre par litre. L'extra-brut titre plus de 5 % d'alcool acquis et garde au plus 18 grammes de sucre. Leur pression atteint au moins 1 bar à 20 °C.

Histoire et évolutions

Le Cotentin porte un verger à cidre réputé dès le XIIIe siècle. Des variétés tanniques y sont arrivées par la mer, du nord-ouest de l'Espagne. Des règlements successifs interdisent la bière puis le vin, pour garder les terres arables aux céréales. Le cidre en profite. Le pré-verger se développe. Les haies parquent les bêtes et abritent les arbres du vent.

Au XVIe siècle, la pomologie cidricole naît dans le Cotentin. Guillaume Dursus obtient des cidres très réputés à partir des variétés qu'il sélectionne. Le sire de Gouberville transforme ses fruits variété par variété. Certaines des variétés qu'il distingue, comme le Marin Onfroy, existent toujours. À la même époque, le médecin Julien Le Paulmier tient les cidres du Cotentin pour les meilleurs de Normandie.

De la fin du XIXe siècle aux années 1930, des producteurs de Quibou, Valognes, Turqueville, Dangy, Saint-Lô ou Saussey prennent les premières places aux concours de l'Association pomologique française.

La demande de reconnaissance en appellation d'origine est mise à l'opposition nationale en octobre 2015. Le cahier des charges est homologué par un arrêté du 14 octobre 2016. Le nom est enregistré comme appellation d'origine protégée par le règlement d'exécution (UE) 2018/939 du 26 juin 2018, publié le 3 juillet 2018. Le cahier des charges sur lequel repose cet enregistrement est le texte en vigueur.

D’après le cahier des charges officiel de l’appellation. Recoupé avec info.agriculture.gouv.fr, info.agriculture.gouv.fr, inao.gouv.fr.

Les plantes autorisées (29)

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