AOP

Domfront

Le seul poiré français en AOP. Il vient du bas Domfrontais, compte au moins 40 % de plant de blanc et prend sa mousse en bouteille.

Pays
France
Protégée depuis
20/12/2002
Couleurs et styles
Poiré

Le terroir

L'aire correspond au bas Domfrontais, aussi appelé Passais, au carrefour de la Normandie, de la Bretagne et du Maine. Elle compte 39 communes entières et 3 communes en partie, dans l'Orne, la Manche et la Mayenne. Au nord, un escarpement de grès la surplombe, de Mortain à Bagnoles-de-l'Orne. Il l'abrite et la laisse ouverte aux influences du sud. Les poiriers y fleurissent environ quinze jours plus tôt qu'au nord de Domfront.

L'altitude reste sous les 200 mètres. Les sols profonds, sur limons et sur schistes, dominent. La dolérite, une roche volcanique, y forme de nombreux filons. Le poirier craint la sécheresse et les gelées de printemps. Les sols minces ou sableux et les zones gélives, comme les fonds de vallée, sont donc exclus.

Les poiriers sont conduits en haute tige, à 150 arbres par hectare au plus. Le plant de blanc représente au moins 20 % des arbres du verger. Des variétés non listées sont admises jusqu'à 20 % des arbres. Le verger est enherbé et l'irrigation y est interdite dès l'entrée en production.

L’appellation

Le Domfront est un poiré effervescent. Sa mousse naît en bouteille. Il n'est ni pasteurisé ni gazéifié. Il est fait de pur jus de poires à poiré de variétés locales, venues de vergers identifiés de l'aire. Ces poires sont trop astringentes pour être mangées telles quelles, mais leur jus se prête bien à la transformation.

Sa robe va du jaune pâle au jaune doré intense. Ses bulles sont fines. Le nez mêle des notes fruitées et florales. En bouche, il équilibre l'acidité et la douceur des sucres restés intacts, souvent avec une pointe d'astringence. Le plant de blanc lui apporte des arômes d'agrume, de pêche et de pâtisserie.

Les poires sont râpées. La pulpe repose en cuve, puis elle est pressée. Le moût atteint une densité d'au moins 1 047 à 20 °C. Il fermente lentement, sans rien qui favorise ou freine les levures. La pasteurisation est interdite, comme l'ajout d'eau, d'arômes ou de colorants. La mise en bouteille a lieu au moins six semaines après le pressurage. La prise de mousse dure ensuite au moins six semaines.

L'assemblage compte au moins 40 % de plant de blanc. Chaque variété complémentaire y pèse 25 % au plus. Le poiré fini titre au moins 3 % d'alcool acquis et 5,5 % d'alcool total. Sa pression atteint au moins 1,4 bar à 20 °C.

Histoire et évolutions

Le poirier à poiré est la plus ancienne espèce cultivée pour la boisson dans la région. Il précède les pommes à cidre venues du nord-ouest de l'Espagne au XIe siècle. Il fait partie du paysage du Domfrontais depuis au moins quatre siècles. L'arbre atteint 10 à 15 mètres de haut. Sa mise à fruit demande parfois plus de quinze ans, et il vit souvent plus d'un siècle.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les poiriers servent surtout à une boisson non gazeuse, bue dans les fermes. Dans la première moitié du XXe siècle, le poiré destiné à la distillation se développe. À côté du poiré de tous les jours, plus ou moins coupé d'eau, les agriculteurs élaborent un poiré de pur jus, mousseux en bouteille, réservé aux fêtes. Depuis les années 1980, ce poiré a gagné une notoriété régionale sous le nom de Domfront.

L'appellation d'origine contrôlée Domfront est agréée par un arrêté du 20 décembre 2002. Elle devient appellation d'origine protégée en 2006. En 2019, la fabrication du poiré en Domfrontais entre à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France. Le cahier des charges en vigueur est homologué par un arrêté du 7 octobre 2025, publié le 11 octobre 2025.

D’après le cahier des charges officiel de l’appellation. Recoupé avec info.agriculture.gouv.fr, inao.gouv.fr, fr.wikipedia.org.

Les plantes autorisées (39)

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