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Cidre du Perche

Un cidre bouché du Perche, demi-sec ou brut, tiré de pommes tardives et fermenté lentement dans le froid de novembre.

Pays
France
Protégée depuis
28/10/2020
Couleurs et styles
Cidre

Le terroir

L'aire s'étend sur l'Eure-et-Loir, l'Orne et la Sarthe. Elle se trouve entre le Massif armoricain à l'ouest et le Bassin parisien à l'est. Le paysage est accidenté, entre collines et massifs forestiers. Les sols sont surtout argilo-calcaires ou sableux, profonds et bien drainés. On y trouve la craie de Rouen, des argiles vertes, les sables du Perche et l'argile à silex.

Le climat mêle des influences océaniques et continentales. Les hivers sont froids, avec jusqu'à 60 jours de gel par an, et les étés chauds. Les gelées de mai et de juin sont fréquentes. Les producteurs ont donc choisi des variétés à floraison tardive, qui souffrent moins du gel et mûrissent tard. La récolte commence en général fin octobre et dure jusqu'en décembre.

Les variétés acidulées occupent 20 % de la surface du verger au plus. Les variétés non listées, plantées en haute tige, sont admises sur 20 % au plus. La haute tige représente au moins 30 % du verger. L'irrigation est interdite dès l'entrée en production.

L’appellation

Le Cidre du Perche, ou Perche, est un cidre effervescent, demi-sec ou brut. Sa mousse naît en bouteille. Il n'est ni pasteurisé ni gazéifié. Il est fait de pur jus de pommes à cidre de variétés propres à l'appellation.

Sa robe va du jaune doré à l'orangé. Il est rond et équilibre le sucre, l'amertume et l'acidité. Il offre des notes fruitées, une légère amertume en milieu de bouche et une note de fraîcheur en finale. Son effervescence est vive mais pas foisonnante.

Le brassage ne commence pas avant le 15 octobre. Le moût atteint une densité naturelle d'au moins 1 045 à 20 °C. La fermentation se fait sans levures ajoutées. La mise en bouteille a lieu au moins huit semaines après le pressurage. La prise de mousse dure ensuite au moins six semaines. Chaque cuvée compte au plus 20 % de pommes acidulées et au moins 50 % de variétés principales.

Le cidre fini titre au moins 3,5 % d'alcool acquis et 6 % d'alcool total. Il garde au moins 18 grammes de sucre par litre. Sa pression atteint au moins 1,5 bar à 20 °C. À partir de 37,5 cl, les bouteilles sont fermées par un bouchon champignon.

Histoire et évolutions

Vers le XVIe siècle, les vergers se développent dans les domaines religieux ou nobles du Perche. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ils couvrent une grande partie de la campagne. Le cidre devient une boisson populaire, produite dans presque toutes les fermes.

Au XIXe siècle, le Perche se spécialise peu à peu dans l'élevage des bovins et des chevaux, sans abandonner le cidre. Les champs y sont complantés de pommiers. Dans la première moitié du XXe siècle, le cidre se fait dans chaque ferme et dans des cidreries de toute la province. Des années 1930 aux années 1950, les pommes permettent souvent aux agriculteurs de doubler leurs revenus.

À partir des années 1950, la fermeture des cidreries industrielles, la mécanisation et l'intensification de l'agriculture font presque disparaître les pommiers. À la fin des années 1980, quelques producteurs fermiers relancent la filière. Ils gardent les savoir-faire anciens : la récolte à maturité, les variétés tardives, les fermentations lentes et spontanées, la mousse naturelle.

L'aire géographique est approuvée le 6 février 2020. La demande de reconnaissance est mise à l'opposition nationale le 27 février 2020. Le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée est homologué par un arrêté du 28 octobre 2020. Le nom est enregistré comme appellation d'origine protégée par le règlement d'exécution (UE) 2022/974 du 16 juin 2022, publié le 24 juin 2022.

D’après le cahier des charges officiel de l’appellation. Recoupé avec info.agriculture.gouv.fr, inao.gouv.fr.

Les plantes autorisées (48)

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