Cépage

Scheurebe

Croisement de 1916 au parfum de cassis et de pamplemousse, longtemps voué aux liquoreux, que les vins secs remettent en lumière.

Couleur du raisin
Raisin blanc
Aujourd’hui
Largement planté
Autres noms
Sämling 88, S 88, Alzey S. 88, Scheu 88, Scheu, Scheu-Riesling, Dr. Wagnerrebe

Origine et parenté

Georg Scheu crée la scheurebe en 1916 à Alzey, en Hesse rhénane. Il dirige alors un institut de sélection de la vigne. Il la présentait comme un croisement de silvaner et de riesling.

À la fin des années 1990, l'analyse ADN écarte le silvaner. Ses parents sont le riesling et la bukettrebe.

Son histoire

Selon le sélectionneur Helmut Becker, Scheu voulait un meilleur silvaner. Il le cherchait plus aromatique et plus résistant au gel et à la chlorose. Le plant retenu portait le numéro 88. D'où le nom de Sämling 88, le « semis 88 ». En 1945, il reçoit le nom de son créateur.

La protection variétale arrive en 1956, après la mort de Scheu. Le cépage s'ouvre alors à la culture dans toute l'Allemagne. Les surfaces montent vite. Le pays en comptait 1 588 hectares en 1973 et 4 385 en 1985.

Puis vient le recul, comme pour tous les nouveaux cépages blancs allemands depuis les années 1980. La scheurebe reste liée aux vins doux, alors que l'Allemagne se tourne vers les vins secs. Elle tombe à 2 948 hectares en 2000, puis à 1 412 en 2018. Depuis le milieu des années 1990, de grands domaines du Palatinat en replantent pourtant un peu. Ces dernières années, les vins secs lui valent un regain d'attention.

En Autriche, on la cultive aussi sous le nom de Sämling 88, surtout dans le Burgenland et en Styrie. Elle y couvrait 529 hectares en 1999 et 350,8 en 2015. Elle y donne de grands liquoreux autour du lac de Neusiedl et dans le sud de la Styrie. Elle a aussi gagné le sud de l'Angleterre et la Suisse, qui en comptait 6,75 hectares en 2015.

Dans le verre

Bien mûre, elle donne des blancs riches en arômes de cassis et de pamplemousse. Les liquoreux peuvent montrer des notes de miel. Vendangée trop tôt, elle prend un goût rude et envahissant, le « goût de semis ». Elle garde un peu du caractère du riesling, avec moins d'acidité. Comme lui, elle traduit son terroir.

À la vigne, elle supporte la sécheresse et les sols calcaires. Elle exige de bonnes expositions. Elle craint le mildiou, la pourriture et l'oïdium.

Surfaces relevées dans le monde

  • Afrique du Sud 0 ha en 1992
  • Allemagne 1 588 ha en 1973, 1 975 ha en 1974, 2 143 ha en 1975, 2 302 ha en 1976, 2 453 ha en 1977, 2 941 ha en 1978, 3 486 ha en 1979, 3 050 ha en 1980, 2 989 ha en 1981, 4 237 ha en 1982, 4 335 ha en 1983, 4 383 ha en 1984, 4 385 ha en 1985, 4 330 ha en 1986, 4 248 ha en 1987, 4 159 ha en 1988, 3 929 ha en 1989, 3 781 ha en 1991, 3 810 ha en 1992, 3 738 ha en 1993, 3 688 ha en 1994, 3 606 ha en 1995, 3 521 ha en 1996, 3 418 ha en 1997, 3 311 ha en 1998, 3 126 ha en 1999, 2 948 ha en 2000, 2 693 ha en 2001, 2 686 ha en 2002, 2 615 ha en 2003, 1 960 ha en 2004
  • Autriche 530 ha en 1999, 511 ha en 2007

Relevés réunis par le Vitis International Variety Catalogue (VIVC, institut Julius Kühn). Chaque chiffre porte l'année de son recensement.

Les appellations qui l’autorisent (69)

Allemagne

Autriche

Pays-Bas

Royaume-Uni

Slovénie

Sources

Retour