Cépage

Cot

Chassé de Bordeaux par le phylloxéra, le malbec, ou cot, a trouvé refuge à Cahors avant de conquérir l'Argentine.

Couleur du raisin
Raisin noir
Aujourd’hui
Largement planté
Autres noms
Cot, Côt, Auxerrois, Noir de Pressac, Plant du Lot, Mancin, Bouchalès

Origine et parenté

Le cot, plus connu à Bordeaux sous le nom de malbec, est officiellement inscrit au catalogue français sous le nom de cot. Il est originaire du Sud-Ouest. Les analyses génétiques réalisées à Montpellier montrent qu'il serait issu d'un croisement entre la magdeleine noire et le prunelard.

Cette parenté a été établie en 2009 par une équipe de chercheurs de l'INRA de Montpellier et de l'université de Californie à Davis. Il a donné son nom à la famille des cotoïdes, un groupe de cépages du sud-ouest de la France dont fait aussi partie le tannat. Selon l'ampélographe Pierre Galet, ses origines seraient plutôt bourguignonnes, d'où il aurait été transplanté en vallée de la Loire à la Renaissance.

Son histoire

Le cépage porte de nombreux noms selon les régions : auxerrois dans le Quercy, bouchalès en Haute-Garonne, cot ou côt en Loire, noir de pressac dans le Libournais, et malbec dans le Bordelais. Ce dernier nom viendrait d'un négociant nommé Malbeck, qui l'a diffusé dans le Médoc à la fin du XVIIIe siècle. C'est aujourd'hui ce nom, malbec, qui désigne le vin de Cahors.

Avant le phylloxéra, il a représenté jusqu'à 80 % des vignobles de Blaye et de Bourg. La nécessité de le greffer lui a causé beaucoup de tort : il est devenu très sensible à la pourriture et trop productif. Seul le causse du Quercy, autour de Cahors, lui a permis de conserver de bonnes qualités. La sélection clonale a ensuite permis de réduire son défaut principal, la coulure.

À Cahors, il est resté le cépage indispensable du vignoble et reste aujourd'hui le cépage principal de l'appellation, sous le nom de cot. Le cahier des charges impose une proportion du cot supérieure ou égale à 70 % de l'encépagement, le merlot et le tannat n'étant qu'accessoires. Il est aussi cultivé dans la vallée de la Loire, en AOC Rosé d'Anjou et en Touraine, où il est le seul cépage autorisé pour les vins rouges de l'appellation Touraine-Amboise.

En France, sa surface a été divisée par deux entre 1958 et 1994. Les chiffres le confirment : 10 752 hectares en 1958, 4 801 en 1979, avant une lente remontée à 7 625 hectares en 2018. Deux conservatoires d'environ 220 clones ont été installés dans le Lot, à Cahors, en 1993 et en 2003, et un troisième d'une trentaine de clones en Gironde entre 2011 et 2012.

Le cépage a connu un tout autre destin en Argentine. Il y a été introduit en 1868 par l'agronome français Michel Pouget. Il s'y est particulièrement bien exprimé, avec une aromatique plus exubérante que dans le Sud-Ouest, due au terroir d'altitude.

Dans le verre

Le cot est un cépage précoce. Bien maîtrisé, il donne des vins assez bien colorés, parfumés et tanniques, aptes au vieillissement. Les vinifications en rosé donnent aussi de bons résultats. Il faut rechercher une maturité suffisante, sous peine d'arômes herbacés qui apportent de la dureté et de l'amertume au vin.

À la vigne, c'est un cépage vigoureux, sensible à la coulure, un défaut que la sélection clonale a beaucoup atténué. Il demande une forte densité de plantation et un porte-greffe faible pour contenir sa vigueur. Il est aussi assez sensible aux gelées d'hiver dans les premières années après la plantation.

Surfaces plantées en France

  1. 1958 10 752 ha
  2. 1968 9 765 ha
  3. 1979 4 801 ha
  4. 1988 5 279 ha
  5. 2000 6 166 ha
  6. 2008 6 676 ha
  7. 2018 7 625 ha

Relevés du catalogue officiel des variétés de vigne (Pl@ntGrape, IFV, INRAE, Institut Agro).

Surfaces relevées dans le monde

  • Afrique du Sud 9,3 ha en 1992
  • Argentine 10 253 ha en 1991
  • Australie 258 ha en 1991
  • Chili 4 500 ha en 1980, 1 027 ha en 2008
  • Espagne 23 ha en 1999
  • Italie 265 ha en 1990, 267 ha en 2000
  • Moldavie 39 ha en 2009
  • Nouvelle-Zélande 9,9 ha en 1994, 156 ha en 2008
  • Turquie 21 ha en 2010

Relevés réunis par le Vitis International Variety Catalogue (VIVC, institut Julius Kühn). Chaque chiffre porte l'année de son recensement.

Les appellations qui l’autorisent (189)

France

Allemagne

Bulgarie

Chine

Croatie

Espagne

Hongrie

Italie

Malte

Portugal

Roumanie

Royaume-Uni

Sources

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