Cépage

Sémillon

Cépage phare du Bordelais, le sémillon donne tour à tour de grands blancs secs et les plus célèbres liquoreux du monde, comme le sauternes.

Couleur du raisin
Raisin blanc
Aujourd’hui
Largement planté
Autres noms
Sémillon, Chevrier, Semilao, Semijon, Hunter River Riesling

Origine et parenté

Le sémillon est originaire du vignoble bordelais. Selon Pierre Galet, il proviendrait même du vignoble du Sauternais.

Son nom le rattache au vignoble de Saint-Émilion, sans qu'on sache s'il s'agit d'un lien réel ou d'une coïncidence.

Son histoire

Le sémillon est déjà cité au XVIIe siècle, et sa surface a crû en même temps que la renommée des vins liquoreux qu'il produit.

Après la Seconde Guerre mondiale, la montée en puissance des grands vins blancs secs, portée notamment par le sauvignon blanc, a fait reculer sa place. De plus de 30 000 hectares au début du XXe siècle, la surface plantée en sémillon est tombée à moins de 15 000 hectares en 2008. Les relevés officiels confirment cette baisse continue : 35 993 hectares en 1958, 17 573 en 1988 et 10 287 en 2018.

En France, le sémillon reste associé aux vignobles liquoreux de Sauternes, Barsac et Sainte-Croix-du-Mont, ainsi qu'à ceux de Bergerac, à Monbazillac et à Saussignac. Il sert aussi à produire les vins blancs secs de l'Entre-deux-Mers, le plus souvent en assemblage avec les sauvignons blancs ou gris et la muscadelle. Le pays cognaçais l'a adopté pour élaborer un pineau-des-charentes très aromatique. À l'étranger, il a connu un large succès : le Chili en cultive à lui seul 35 000 hectares, loin devant les 2 800 hectares de l'Australie.

La sélection clonale a débuté très tôt. Une prospection menée dans les années 1960 a abouti à l'homologation de sept clones, portant les numéros 173, 299, 315, 380, 908, 909 et 910. Deux conservatoires de plus de 130 clones au total ont ensuite été installés dans le vignoble bordelais, en 1997 et 2011.

Dans le verre

Dans de bonnes conditions de culture, avec des rendements maîtrisés, le sémillon donne de grands vins blancs secs, gras et complexes, aptes au vieillissement. Il permet bien sûr d'élaborer de très grands vins blancs liquoreux : c'est probablement le cépage qui accueille le plus favorablement le botrytis, ce champignon microscopique qui concentre naturellement les sucres du raisin.

À la vigne, il est moyennement vigoureux mais assez productif. Il craint le black-rot, les cicadelles et les acariens, mais résiste mieux à l'oïdium. Il convient bien aux sols graveleux, argilo-graveleux et calcaires.

Surfaces plantées en France

  1. 1958 35 993 ha
  2. 1968 34 129 ha
  3. 1979 23 340 ha
  4. 1988 17 573 ha
  5. 1998 14 969 ha
  6. 2008 12 535 ha
  7. 2018 10 287 ha

Relevés du catalogue officiel des variétés de vigne (Pl@ntGrape, IFV, INRAE, Institut Agro).

Surfaces relevées dans le monde

  • Afrique du Sud 906 ha en 1992, 1 153 ha en 2008
  • Argentine 1 257 ha en 1991, 973 ha en 2008
  • Australie 2 811 ha en 1991, 6 715 ha en 2008
  • Brésil 832 ha en 1994
  • Canada 29 ha en 2008
  • Chili 19 000 ha en 1980, 1 727 ha en 2008
  • Daghestan 15 ha en 2001
  • États-Unis 836 ha en 1992 (California)
  • Grèce 21 ha en 1999
  • Hongrie 55 ha en 2008
  • Italie 10 ha en 1982
  • Nouvelle-Zélande 169 ha en 1994, 201 ha en 2009
  • Suisse 4,8 ha en 1991
  • Turquie 547 ha en 2010

Relevés réunis par le Vitis International Variety Catalogue (VIVC, institut Julius Kühn). Chaque chiffre porte l'année de son recensement.

Les appellations qui l’autorisent (194)

France

Allemagne

Bulgarie

Chine

Chypre

Croatie

Espagne

Grèce

Hongrie

Italie

Portugal

Roumanie

Sources

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