Cépage

Merlot

Cépage de seconde catégorie avant le phylloxéra, le merlot est devenu le plus jeune des grands cépages bordelais et le plus cultivé en France.

Couleur du raisin
Raisin noir
Aujourd’hui
Largement planté
Autres noms
Bigney, Crabutet, Médoc noir, Merlau, Plant du Médoc, Vitraille

Origine et parenté

Le merlot est originaire du vignoble bordelais. D'après des analyses génétiques, il serait issu d'un croisement entre le cabernet franc et la magdeleine noire.

Il fait partie de la famille des carmenets. Son homogénéité morphologique trahit une origine récente : en ampélographie, un cépage créé il y a deux ou trois siècles est jeune, comparé à des cépages connus depuis les Romains. La preuve génétique en a été apportée en 2009 par une équipe de l'université de Californie à Davis et de l'INRA de Montpellier, qui a confirmé le métissage entre le cabernet franc et la magdeleine noire des Charentes. Le merlot est donc le plus jeune cépage bordelais.

Son histoire

Le merlot pourrait venir du vignoble du Libournais, où il est cité pour la première fois sous le nom de « merlau ». Son nom viendrait du merle, à cause de la couleur noire de ses baies ou du goût de cet oiseau pour le raisin. Il n'est formellement identifié comme cépage qu'au XVIIIe siècle. Il apparaît en 1789 dans la collection du jardin du Luxembourg, sous le nom de bigney rouge.

Avant le phylloxéra, sa sensibilité à la coulure en faisait un cépage de seconde catégorie. C'est la crise phylloxérique qui a provoqué son essor. Le malbec, une fois greffé, donnait une grosse production de raisins aqueux et sensibles à la pourriture. Le merlot lui a succédé pour apporter rondeur, finesse et complexité au cabernet-sauvignon. Dans les années 1960, la sélection clonale a amélioré la régularité de sa production, ce qui en a fait un cépage facile à cultiver et à vinifier.

À Pomerol, un procès-verbal de 1761 raconte le remplacement des cépages blancs par des rouges en huit ans : le noir de pressac, c'est-à-dire le cot, le bouchet, ou cabernet franc, et le merlot. C'est le greffage, après le phylloxéra, qui a fait du merlot le cépage dominant du vignoble. À Saint-Émilion, dès le début du XVIIIe siècle, les vins étaient déjà issus d'assemblages où dominaient le merlot, le cabernet franc et le cabernet-sauvignon.

Les chiffres traduisent cette progression continue en France : 16 975 hectares en 1958, 60 007 en 1988, 114 578 en 2018. Le merlot est aujourd'hui le cépage le plus cultivé du pays. Il est le cépage presque exclusif de l'appellation Pomerol et prépondérant à Saint-Émilion. Une collection-conservatoire de plus de 300 clones est en place dans le vignoble bordelais depuis 1966.

Dans le monde, il est devenu au tournant des années 2000 le premier cépage rouge planté, avant de céder à nouveau la première place au cabernet-sauvignon. Il s'est répandu en Italie, en Suisse, en Europe de l'Est, aux États-Unis, en Afrique du Sud, au Chili et en Argentine.

Dans le verre

Le merlot donne des vins ronds et puissants, riches en alcool et en couleur, relativement peu acides. Ce sont des vins corsés et structurés, aux tanins souples, qui peuvent suivre un élevage sous bois. Leurs arômes sont complexes et élégants.

À la vigne, c'est un cépage vigoureux qui a tendance à émettre beaucoup de rejets. Sa fertilité est bonne et on le taille court. Il convient bien aux terroirs argilo-calcaires, mais reste sensible aux gelées d'hiver et de printemps à cause de son débourrement précoce, et s'adapte mal aux sécheresses intenses. Il craint surtout le mildiou, les cicadelles et les broussins, mais peu l'oïdium et les maladies du bois.

Surfaces plantées en France

  1. 1958 16 975 ha
  2. 1968 25 124 ha
  3. 1979 38 391 ha
  4. 1988 60 007 ha
  5. 1998 90 059 ha
  6. 2008 117 354 ha
  7. 2018 114 578 ha

Relevés du catalogue officiel des variétés de vigne (Pl@ntGrape, IFV, INRAE, Institut Agro).

Surfaces relevées dans le monde

  • Afrique du Sud 1 281 ha en 1992, 6 614 ha en 2008
  • Allemagne 154 ha en 2001, 167 ha en 2002, 167 ha en 2003, 357 ha en 2004, 450 ha en 2008
  • Argentine 1 162 ha en 1991, 7 142 ha en 2008
  • Australie 610 ha en 1991, 10 537 ha en 2008
  • Autriche 112 ha en 1999, 112 ha en 2008
  • Bolivie 30 ha en 2009
  • Brésil 580 ha en 1994, 1 089 ha en 2007
  • Bulgarie 15 202 ha en 2009
  • Canada 641 ha en 2008
  • Chili 13 280 ha en 2009
  • Croatie 1 105 ha en 2009
  • Daghestan 3 ha en 2001
  • Espagne 1 186 ha en 1999, 3 810 ha en 2001, 8 700 ha en 2004, 13 325 ha en 2008
  • États-Unis 4 048 ha en 1992 (California), 18 924 ha en 2010 (Californien)
  • Grèce 183 ha en 1999
  • Hongrie 1 791 ha en 2008
  • Italie 29 021 ha en 1990, 25 616 ha en 2000
  • Moldavie 8 123 ha en 2009
  • Nouvelle-Zélande 220 ha en 1994, 1 363 ha en 2008
  • Portugal 556 ha en 2010
  • Roumanie 10 782 ha en 2008
  • Russie 1 588 ha en 2009
  • Slovénie 1 019 ha en 2009
  • Suisse 896 ha en 1991, 1 028 ha en 2009
  • Tchéquie 87 ha en 2009
  • Turquie 429 ha en 2010
  • Ukraine 2 820 ha en 2009
  • Uruguay 853 ha en 2009

Relevés réunis par le Vitis International Variety Catalogue (VIVC, institut Julius Kühn). Chaque chiffre porte l'année de son recensement.

Les appellations qui l’autorisent (738)

France

Allemagne

Autriche

Belgique

Brésil

Bulgarie

Chine

Chypre

Croatie

Espagne

Etats-Unis

Grèce

Hongrie

Italie

Malte

Pays-Bas

Portugal

Roumanie

Royaume-Uni

Slovénie

Tchéquie

Sources

Retour